sabato 4 marzo 2017

SIMENON SIMENON. GUILLAUME ET MAIGRET

Le commissaire Marcel Guillaume, modèle de Maigret, raconte ses enquêtes dans le journal "Paris-Soir"

SIMENON SIMENON. GUILLAUME E MAIGRET
Il commissario Marcel Guillaume, modello per Maigret, racconta le sue indagini nel giornale "Paris-Soir"
SIMENON SIMENON. GUILLAUME AND MAIGRET
Chief inspector Marcel Guillaume, a model for Maigret, tells about his investigations in the newspaper Paris-Soir

Comme nous l'avons écrit dans un post récent, en 1937 paraissait dans le journal Paris-Soir une série d'articles dans lesquels le commissaire Guillaume, alors à peine retraité de la Police judiciaire, racontait quelques-unes de ses enquêtes. Avant de présenter quelques extraits de ces textes, nous allons évoquer brièvement la carrière de ce policier, en utilisant les renseignements contenus dans le live Mes grandes enquêtes criminelles, un recueil des textes de Guillaume, publié par les soins des Editions des Equateurs, et préfacé par Laurent Joly.
Né en 1872, Marcel Guillaume entre en janvier 1900 dans la police comme inspecteur-stagiaire au commissariat du quartier de la Chapelle. En 1904, il réussit son admission comme secrétaire, et il va ensuite passer de commissariat en commissariat. En 1909, il devient secrétaire du sous-chef de la Sûreté, Louis Jouin, puis collaborateur de Xavier Guichard. De 1913 à 1919, il travaille comme commissaire de quartier, puis il rejoint le quai des Orfèvres, et pendant une dizaine d'années, il va s'occuper des affaires de vols et d'escroqueries. En 1928, il est promu commissaire divisionnaire, et en 1930, lorsque Xavier Guichard est nommé directeur de la PJ, il met Guillaume à la tête de la Brigade spéciale. Celui-ci va alors enquêter sur quelques affaires retentissantes, et devenir célèbre. En 1937, Guillaume est mis à la retraite, et, à 65 ans, il se sent encore assez d'énergie pour fonder une agence de détective privé. Il quitte ce monde en 1963, à l'âge respectable de 91 ans…
Le portrait qu'en trace Laurent Joly dans sa préface nous fait penser à un autre policier bien connu de nos lecteurs. D'après Joly, Guillaume est un "homme sensible, anticonformiste […] opposé à la peine de mort, partisan d'une conception humaine du rôle de policier, […], il entretient des relations familières avec ses "hommes"; [de] caractère grognon et têtu […] il ne s'est pas fait que des amis au sein de sa hiérarchie." On ne s'étonnera pas, après cela, que Guillaume soit un des modèles de Maigret… Même s'il existait quelques différences notables entre les deux hommes, l'une des plus évidentes étant le fait que Guillaume était un "homme à femmes", collectionnant les maîtresses…
Le 27 février 1937, la une de Paris-Soir annonçait la publication des "Mémoires du commissaire Guillaume, le plus fameux policier français", et introduisait ces textes avec ces mots: "Ces mémoires, ce n'est pas seulement quarante années de la vie d'un policier qui compte parmi les plus humains et les plus grands. C'est quarante ans de Paris tout court…". Dans le premier article, Guillaume narrait ses débuts à Paris, travaillant comme garçon épicier, avant de pouvoir intégrer les rangs de la police, puis ses premières expériences au commissariat de la Chapelle. Dans les articles suivants, étaient évoquées les grandes affaires auxquelles il avait participé. D'abord l'affaire Bonnot, "la plus terrible histoire criminelle de l'avant-guerre", comme l'écrivait Guillaume, qui racontait toute l'aventure de la bande, la "lutte quotidienne et tragique" menée par la police, au cours de laquelle Louis Jouin fut tué, l'assaut donné contre le repaire de Bonnot, ainsi que l'arrestation finale des autres membres de la bande, sous la conduite de Xavier Guichard. Puis toute une série d'affaires, certaines oubliées de nos jours, et d'autres restées dans la mémoire collective, en particulier celles que Simenon évoque au fil des romans de la saga maigretienne: l'affaire Landru, "énigmatique et tragique séducteur"; l'affaire Deblauwe, une ancienne connaissance de Simenon, que celui-ci évoque dans son roman Les trois crimes de mes amis; l'affaire Mestorino, dont Guillaume narrait le dernier interrogatoire, qui dura de neuf heures du matin jusqu'à minuit, et où se relayèrent, parmi d'autres, les inspecteurs Février (dont le nom inspira celui de Janvier à Simenon), et Massu (un autre modèle pour Maigret). Mais aussi "La mort mystérieuse du conseiller Prince", pour laquelle Guillaume conclut au suicide, s'opposant par là aux thèses défendues par Simenon…
Le 18 avril 1937 paraissait le dernier article de la série dans Paris-Soir, dans lequel Guillaume apportait quelques éléments de conclusion personnelle sur son métier, et faisait ses adieux à la Police Judiciaire et à tous ses collaborateurs. Il y écrivait: "Le bureau d'un policier est le plus souvent un confessionnal où viennent se délivrer de leur cauchemar les âmes tourmentées. Oui notre rôle ne se borne pas seulement à arracher des aveux après des heures d'interrogatoire mais à savoir écouter bien des confidences et consoler bien des peines"… A l'image d'un certain Jules Maigret, en qui son créateur a placé bien des traits de Marcel Guillaume…

Murielle Wenger

venerdì 3 marzo 2017

SIMENON SIMENON. MARZO 1981, IL ROMANZIERE FINISCE IL SUO ULTIMO LIBRO

In questo mese Simenon finisce la revisione del suo monumentale Mémoires Intimes

SIMENON SIMENON. MARS 1981, LE ROMANCIER TERMINE SON DERNIER LIVRE
Au cours de ce mois, Simenon termine la révision de ses monumentaux Mémoires intimes
SIMENON SIMENON. MARCH 1981, THE NOVELIST FINISHES HIS LAST NOVEL
During this month, Simenon finishes revising his monumental Intimate Memories




















Losanna, marzo del 1981, Simenon finisce la revisione del suo ultimo voluminoso libro. Non è un romanzo, non è un'autobiografia, non è un Maigret. E' una storia della sua vita raccontata ai figli e soprattutto alla figlia Maire-Jo, che è morta suicida qualche anno prima. Un Simenon ormai quasi ottantenne, che da quasi dieci anni ha smesso di fare il romanziere e vive con la sua ultima compagna Teresa, italiana, in un piccola casa rosa con un modesto giardino, sovrastato da un cedro del Libano.
Questo ultimo sforzo era una promessa che in cuor suo aveva fatto alla figlia, ma anche un imperativo categorico che sentiva dentro di sé, quasi un obbligo a mettere in piazza sè stesso per l'ultima volta. Mémoires intimes non è certo attendibile come biografia, l'autore ha un'idea a volte confusa di come sono andate le cose, a volte sovrappone luoghi e personaggi che non coincidono, c'è qualche vuoto di memoria, qua e la un ammorbidimento di certi fatti e un certo silenzio su altri.
Ma il voluminoso libro è, a nostro avviso, molto importante per conoscere lo scrittore e anche l'uomo, perché da queste memorie esce fuori l'immagine che Simenon aveva di sè ma anche quella che gli altri, soprattutto i suoi figli, voleva percepissero. Si parte dal periodo dell'arrivo di un giovanissimo Georges a Parigi e, con digressioni, qualche salto e alcune riflessioni si arriva al periodo di Losanna. Lo stile che richiama costantemente il dialogo con i suoi figli.... "lo sapevi che..:", "...ti ricordi di...", "... devi capire che in quegli anni...", è un po' smorzato, tra il trasognato e il nostalgico, un po' rammaricato di alcune cose e gonfio di nostalgia per certi periodi ormai lontani.
Ma nonostante tutto, quel Simenon, che non si riconosce più come romanziere, va avanti, pagina dopo pagina, con non poca fatica e con lo sforzo di mettersi ancora in gioco. E' infatti un impegno di diversi mesi il completamento di queste memorie, siamo ben oltre le mille pagine e non sono certo più i tempi di un romanzo in otto/dieci giorni. Teresa Sburelin lo sorveglia, lo coccola, lo cura... chissà se senza il sostegno della sua ultima compagna, Simenon sarebbe uscito vittorioso da questa ultima impresa? Il ruolo di Teresa negli ultimi anni è stato essenziale, sia nel sostenerlo fisicamente, ma anche per la tranquillità e la pace che con la sua presenza sapeva infondere allo scrittore.
Personalmente abbiamo chiuso l'ultima pagine di Mémoires intimes con un senso di malinconia, più tristi di come l'avevamo iniziato... la curva discendente degli ultimi anni, in netto contrasto con il periodo d'oro, lui fiaccato dalla perdita della figlia, dolore da cui non si riprese più, ancora angustiato dalle continue angherie di Denyse (finanche su Mèmoires intimes fece un ricorso giudiziale per far sopprimere alcune frasi) e la sensazione che andava sempre più spegnendosi ci avevano un po' stretto il cuore.
Ma ci è bastato riprendere in mano uno dei suoi romanzi per risentirlo in piena forma, proprio come fosse lì, vicino a noi. Una presenza che non passa e rimane dentro la sua letteratura e al suo commissario Maigret, qualcosa che non sbiadisce e non si dissolve come la memoria e ricordi. (m.t.)  

giovedì 2 marzo 2017

SIMENON SIMENON. “MAIGRET AND THE MAN ON THE BENCH: COMES OUT TODAY


Some details about the next Penguin translation for Anglophones 

SIMENON SIMENON.“MAIGRET ET L’HOMME DU BANC” EN ANGLAIS ARRIVE AUJOURD'HUI
Des détails sur la prochaine traduction de Penguin pour les anglophones
SIMENON SIMENON. "MAIGRET E L'UOMO DEL BANCO" ESCE OGGI IN INGLESE
Dettagli sulla prossima traduzione della Penguin per gli anglofoni

Maigret and the Man on the Bench, Penguin’s English translation of Simenon’s Maigret et l’homme du banc, will be available through Amazon.uk as of March 2, 2017. Both paperback and Kindle editions are expected.
The opportunity for delivery of the paperback to the USA will appeal to some because the paperback and Kindle editions will not be available from Amazon.com until October 3, 2017. I
n contrastMarch 2, 2017 holds as the release date for the following other Amazon sources: Australia Kindle; Brazil Kindle; France Kindle; Germany Kindle; India Kindle; Italy paperback and Kindle; Japan Kindle; Mexico Kindle; Netherlands Kindle; Spain paperback and Kindle. 
Unfortunately, the later October 3, 2017 release date pertains to these remaining Amazon sources: China paperback; France paperback; Germany paperback; Japan paperbackMexico paperback. 
Be aware the ISBN-13 for this new edition is 978-0241277447, which should facilitate searching for the book from various other sources. 
An audio version from Audible.com is not yet visible on the horizon. 
Maigret et l’homme du banc originally appeared in 1953. The English translations Maigret and the Man on the Boulevard and Maigret and the Man on the Bench did not first appear until 1975, and there have been eleven editions in totalIts translator was Eileen Ellenbogen then, and now the translator is David Watson. 
The original work was the 69th in Simenon’s order of publication, and this work is the 41st in Penguin’s modern series of translations. 
This book appealed to me for these features in particular: it documents (for the second time) that the Maigrets had a child and adds that she died at birth, both likely contributing factors in the positive feelings for children they display throughout the series. In addition, Maigret sorts out numerous incongruities in the evidence he gathers. He also displays compassion for two of several criminals by not charging them. And finally, one also gets to observe Fred the Clown, sort of a Sad Sack character, and Arlette, a seductive young woman. 

David P Simmons 

mercoledì 1 marzo 2017

SIMENON SIMENON. CHEZ KRULL: UN ESEMPIO DI ODIO POPULISTA?

A proposito di una polemica nata sul web in merito ad una recensione di De Cataldo

SIMENON SIMENON. CHEZ KRULL: UN EXEMPLE DE HAINE POPULISTE ?
A propos d'une polémique née sur le web, à la suite d'une recension de De Cataldo
SIMENON SIMENON. CHEZ KRULL: AN EXAMPLE OF POPULIST HATE?
About a polemic born on the Web following a critique by De Cataldo



"La Casa dei Krull é una storia esemplare di di odio populista". Questa frase è dello scrittore-magistrato Giancarlo de Cataldo che qualche giorno fa' ha pubblicato un commento sul quotidiano La Repubblica sull'ultima uscita italiana di Simenon. La frase ha suscitato una serie di polemiche sul web. 
"...Simenon alla vigilia della guerra scrisse un romanzo esemplare sulla deriva ineluttabile che ci attende quando indichiamo nello straniero il responsabile di ogni male - argomenta poi De Cataldo - Oggi nell'era dei bandi e dei muri, i lettori italiani premiano il suo monito contro la marea montante dell'odio..." .
Sul web abbiamo avuto reazioni piuttosto vivaci che accusano lo scrittore-magistrato di rivolgersi ai lettori fingendo di far cultura, in realtà facendo solo della demagogia sulla parola populismo. Viene additato perché, dicono, mischia i concetti di populismo e di letteratura solo per arruolare un nome come Simenon sotto le bandiere di chi si batte per l'inclusione, l'accoglienza, l'accettazione, il senso di appartenenza. Quello stesso Simenon, insistono, che fino agli anni cinquanta, la sinistra e quelli che sventolavano la bandiera di cui sopra, bollavano come "destrorso", per la storia durante la seconda guerra mondiale dei suoi titoli venduti come soggetti di film alla Continental (casa di produzione cinematografica franco-tedesca, ma in realtà di Goering) e la conseguente messa sotto accusa per collaborazionismo (poi però caduta). E appigliandosi anche al fatto che, ancora nel 1949, la commissione per l'epurazione francese voleva proibire per due anni la pubblicazione dei suoi libri...
Bene. le polemiche sono sempre benvenute, sempre che servano a qualcosa.
Certo quando si dice "ancora nel '49..." varrebbe la pena riflettere che non ci si riferisce a ieri, ma alla prima metà del secolo scorso (sono passati quasi settant'anni...!)
Crediamo piuttosto che i guasti del populismo siano ben illustrati da Simenon non solo in Chez Krull, ma in diversi romanzi. L'esclusione che lo interessa però è quella del singolo, la fenomenologia e la dinamica sociale nei romanzi simenoniani rimane sullo sfondo o va individuata tra le righe.
Simenon non è mai uno scrittore schierato politicamente, anche se quando tornò dal suo tour in Africa nel '32 aveva preso coscienza di quanto il colonialismo fosse una forma di prevaricazione e sfruttamento. Una convinzione che infatti troverà riscontro in articoli, di cui alcuni fecero addirittura scalpore. Non solo, ma se ne troverà traccia anche in certi suoi romanzi come Coup de lune (1933), 45° à l'ombre (1936) e Le Blancs à lunettes (1937). Tra le altre denunce, deplorò la costruzione della ferrovia in Congo che, commentò, costava la vita di un negro per ogni traversina e di un bianco per ogni chilometro realizzato... E, tra gli altri sul colonialismo, ricordiamo un suo articolo intitolato "L'Africa vi rispondemerde". E poi il Simenon commissario dei rifugiati belgi che scappavano proprio dall'invasione nazista. E il suo Maigret che crede indefessamente che bisogna "comprendere e non giudicare". Insomma il mancato impegno di Simenon nella politica, non significa che non avesse delle personali opinioni ben precise e che non capisse la pericolosità del populismo, concetto che peraltro i politici dei nostri tempi stiracchiano qua e la a seconda della convenienza.
Tra le varie critiche De Cataldo, per questo suo commento, si prende anche l'epiteto di opinionista da "Porta a Porta".
Non tocca a noi prendere le difese del grintoso scrittore-magistrato autore di Romanzo Criminale,  e non volgiamo nemmeno fare una difesa a prescindere di Simenon. Ma siamo d'accordo con De Cataldo che la raffigurazione di un populismo gretto e razzista non resta certo fuori dalle storie di Simenon, soprattutto negli anni prima e dopo la seconda guerra mondiale. Faceva parte della realtà. Era connaturato ai destini dei protagonisti dei suoi romanzi ed ancora oggi è inevitabile percepirlo, anche se il romanziere lo faceva venir fuori dagli uomini, dalle loro storie, dal loro destino. E non è da tutti. (m.t.)

martedì 28 febbraio 2017

SIMENON SIMENON. SIMENON ET LA CHEMISE EN CARTON

A côté des enveloppes jaunes, d'autres documents de travail pour le romancier


SIMENON SIMENON. SIMENON E IL FALDONE DI CARTONE
Oltre alle buste gialle, altri documenti di lavoro per il romanziere
SIMENON SIMENON. SIMENON AND THE CARDBOARD FOLDER

Besides the yellow envelopes, other working files for the novelist


Simenon aimait décrire, aux journalistes qui venaient l’interviewer, sa méthode de travail. Son explication variait parfois un peu, mais les grandes lignes étaient tracées. Il n’est donc pas étonnant que la plupart des biographes de l’auteur ont repris ce thème de la même façon en décrivant les mêmes étapes de la création. Lorsqu’il se sent en roman, l’auteur n’est pas bien dans sa peau. C’est comme s’il devait se débarrasser d’un poids sur la poitrine. Il doit écrire et à partir de là tout un rituel se met en marche. Avant tout il s’organise pour se décharger de tout souci tels que visites, courrier ou coup de fil. Il est dit aussi qu’il fait procéder pour toute sa famille à une visite médicale, car il ne veut pas être interrompu par la maladie de lui-même ou d’un des membres de sa famille. La veille du début de l’écriture, il reste des choses importantes à faire. Placer une rangée de pipes sur son bureau ainsi que quatre douzaines de crayons fraîchement taillés. Puis faire une promenade afin de faire le vide en lui et de laisser pénétrer des souvenirs d’hommes et de lieux amassés par le passé. Enfin vient le premier jour d’écriture, il accroche le petit écriteau do not disturb (ne pas déranger) à sa porte et prend une enveloppe jaune pour y inscrire les préparatifs nécessaires à son roman. Cette enveloppe n’est pas vraiment jaune, il s’agit d’un format commercial de 17,5 sur 25 cm, couleur terre de sienne. Simenon va y inscrire, au crayon, le nom, le prénom et l’âge du personnage principal, en général également son adresse, son numéro de téléphone ainsi que les détails tels que ses occupations, ses maladies s’il en a. Puis il indique plus sommairement les autres personnages du roman. Il n’est pas rare d’y trouver également les plans de sa maison en indiquant même si les portes s’ouvrent vers la gauche ou vers la droite. 
Beaucoup de ces enveloppes se trouvent à l’Université de Liège (au Fonds Simenon), mais en Vendée il existe un collectionneur privé qui en possède plusieurs. J’ai la chance de posséder moi aussi un tapuscrit original de l’écrivain avec son enveloppe jaune, celui de Le Révolver de Maigret. En plus des détails cités plus haut, on peut y lire qu’à l’origine Simenon avait prévu un titre alternatif, celui de Le Jeune Homme qui Attendait. C’est dire si pour les chercheurs de telles enveloppes peuvent être intéressantes. Le résultat est que ces enveloppes sont fort recherchées et que tous les amateurs de Simenon en parlent. Curieusement, il existe un autre objet dont personne ne parle et qui est cependant aussi intéressant que l’enveloppe jaune. Je veux parler de la chemise en carton. En effet, l’auteur avait l’habitude de garder les feuillets écrits ou dactylographiés dans une chemise en carton qui avait pratiquement la même couleur que l’enveloppe et dont Simenon se servait pour écrire d’autres notes en relation avec le roman. Ces chemises sont donc aussi importantes que les enveloppes. On retrouve des compléments d’information, sur les deux faces de la chemise, qui peuvent être soit des parties de dialogues qui se retrouvent dans le roman, mais aussi le contenu des divers chapitres. Cette dernière information est importante, car l’auteur a toujours prétendu que lorsqu’il commençait un roman, il n’en connaissait pas la fin d’avance. Or, sur la chemise que je possède, l’auteur a inscrit le titre des différents chapitres du roman. Ont-ils été écrits à fur et à mesure ou l’ont-ils été dès le début de l’écriture, difficile à dire... mais en tous cas un sujet de discussion intéressant pour le chercheur simenonien.

Philippe Proost