venerdì 20 luglio 2018

SIMENON SIMENON. DOMANI SABATO 21 SONDAGGIO SUL MAIGRET DI ATKINSON


SIMENON SIMENON. SIMENON, MAIGRET ET LE SUD

Les rapports du romancier et de son personnage avec les ambiances méditerranéennes 

SIMENON SIMENON. SIMENON, MAIGRET E IL SUD 
Le relazioni del romanziere e del suo personaggio con atmosfere mediterranee 
SIMENON SIMENON. SIMENON, MAIGRET AND THE SOUTH 
The relationship of the novelist and his character with Mediterranean atmospheres 



"En réalité on dirait qu'il y a deux hommes en moi qui se disputent sans cesse: un homme du Nord, féru d'ordre et de discipline, et un homme du Sud couché dans son hamac sous un figuier, tandis que la Méditerranée vient lécher la rive à ses pieds." (Simenon, dictée Des traces de pas). "- Vous n'aimez pas la Méditerranée ? - En principe, je n'aime pas les endroits où je perds le goût de travailler." (Mon ami Maigret) 
Simenon. Les brumes. L'espace Nord. Les péniches sur les canaux flamands et hollandais. Maigret. Les ports normands et bretons. Les enquêtes à Liège sur les traces de l'enfance du romancier. Clichés que tout cela ? Peut-être pas, mais une vision réductrice si on s'arrête là. Comme l'écrit Simenon dans la dictée citée ci-dessus, il n'est pas qu'un homme du Nord, et il a beaucoup aimé l'ambiance nonchalante du sud méditerranéen. Qu'on se rappelle ses séjours enchantés à Porquerolles. Cet "appel du sud" revient régulièrement dans la vie du romancier. Après la découverte de Porquerolles en 1926, il retournera plusieurs fois sur place, mais d'autres endroits l'attireront sur la Côte d'Azur. C'est ainsi par exemple que, grâce à l'argent reçu pour la vente des premiers romans Maigret et les premières adaptations cinématographiques, il louera une villa à Antibes. Plus tard, c'est à Cannes qu'il s'installera pour un temps, à son retour d'Amérique.  
Pour en revenir à ce que nous disions plus haut, il ne faut pas oublier que tous les romans de Simenon ne se déroulent pas dans les brouillards nordiques, et qu'on en trouve qui grésillent sous le soleil. Et pas seulement des romans "tropicaux", mais aussi des romans dont l'action se situe justement sur la Côte d'Azur. Pour les romans durs, rappelons, entre autres, Antibes dans Les volets verts, Cannes dans Strip-tease, Porquerolles dans Le cercle des Mahé, et divers lieux dans Cour d'assises.  
Et Maigret n'est pas en reste. Fidèle à sa manière d'envoyer son commissaire enquêter sur des lieux que lui-même a fréquentés, Simenon ne manque pas de transférer Maigret aussi sur la Côte d'Azur. C'est l'occasion également de plonger son héros dans une atmosphère nouvelle et inhabituelle, et de donner à voir comment le commissaire, loin de son ambiance de travail coutumière, se comporte dans la chaleur méridionale. Et le romancier de multiplier, dès la première descente de Maigret vers le sud (dans Liberty Bar), les notations un brin humoristiques sur les états d'âme du gros policier soumis au farniente méditerranéen: dans une "sensation de vacances" (ce sont les mots qui ouvrent le roman), Maigret sue, s'éponge, étanche sa soif à coups d'apéritifs anisés, et il a toutes les peines du monde à se forcer pour mener son enquête à bien, amolli qu'il est par l'ambiance… Il s'en souviendra plus tard, quand Simenon l'enverra enquêter à Porquerolles. Ainsi que le commissaire l'explique à M. Pykeen évoquant "une enquête, jadis, à Antibes et à Cannes", pour laquelle il se rappelle "surtout une chaleur accablante et une envie de dormir qui ne [le] quittait pas". C'est dans Mon ami Maigret que Simenon fait retrouver à son héros ses propres découvertes de l'île, dans un texte qui est, comme le dit le romancier lui-même dans ses Mémoires intimes"un peu comme une carte postale de Porquerolles". Un lointain souvenir d'Antibes reviendra à la mémoire de Maigret dans l'avant-dernier roman de la saga: en effet, dans Maigret et l'indicateur, le commissaire fait un bref aller-retour à Bandol, un séjour qui, pour court qu'il soit, est cependant suffisant pour qu'il retrouve des sensations vécues dans Liberty Bar: le soleil qui lui brûle la peau au sortir de la gare, le fiacre qu'il emprunte, la paresse qu'il ressent, et l'envie de vacances à passer sur place avec Mme Maigret… 
A part quelques autres passages sur la Côte pour Maigret (Cannes dans Les caves du Majestic, Nice et Monte-Carlo dans Maigret voyageToulon dans La folle de Maigret), les enquêtes du commissaire se confinent en majorité plus au nord, probablement parce que celui-ci, en réalité, a besoin d'une atmosphère plus "fraîche" pour être à son aise. Le sud est pour lui synonyme de relâche et de difficultés à se concentrer sur son travail. Et donc, il pratique peu, à l'encontre de son créateur, cette alternance entre nord et sud, une alternance dont Simenon usa pendant longtemps. Ainsi qu'il l'écrit dans Des traces de pas"après six mois, j'étais obligé de m'enfuir. Ce rythme lent, sous le soleil chaud, […] cette sorte de veulerie qui finissait par m'atteindre, moi aussi, me faisaient presque peur et je me sentais redevenir homme du Nord. C'est donc dans le Nord, y compris Paris, que je me hâtai d'aller vivre. […] A peine avais-je passé deux mois à Paris que je m'enfuyais à Nieul-sur-Mer. Et à Nieul-sur-Mer, la nonchalance de Porquerolles me manquait, si bien que je retournais dans l'île."; et dans Un homme comme un autre: "je me retrouvais l'homme du Nord qui avait besoin de ciel gris et même de journées pluvieuses, besoin aussi d'une activité organisée". Maigret, lui aussi, a peut-être besoin du gris de la pluie pour se sentir dans son élément… à condition cependant que celle-ci alterne avec le soleil printanier qui baigne les rues de Paris… 

Murielle Wenger 

giovedì 19 luglio 2018

SIMENON SIMENON. SIMENON, ORWELL AND HEMINGWAY IN 1920S PARIS

Similarity and difference in the three writers' experiences 

SIMENON SIMENONSIMENON, ORWELL E HEMINGWAY NELLA PARIGI DEL 1920 
Somiglianza e differenza nelle esperienze dei tre scrittori 
SIMENON SIMENONSIMENON, ORWELL ET HEMINGWAY DANS LE PARIS DE 1920 
Ressemblance et différence dans les expériences des trois écrivains 


It is widely held that in the 1920s Paris was the international centre of artistic production and cultural life, a fact which was reflected in the large number of writers, painters, and composers from Europe and North America who chose to make the city their permanent or temporary home. In this and subsequent posts, I will consider the Parisian daily lives and literary production of three young authors, the Belgian Georges Simenon, the Englishman George Orwell and the American Ernest Hemingway. I will look at areas of similarity and difference in their experiences of living in the city and reflect on how these are realised in their writing. Of the three, Simenon is the author whose writing is most associated with Paris, so an important axis of these texts will be the extent to which a reading of Orwell’s Down and out in Paris and London (written in 1930 and published in 1933) and Hemingway’s A Moveable Feast (written between 1957 and 1960 and published in 1964) can inform a reading of certain of Simenon’s texts. 
Of the three, Hemingway was the first to arrive in Paris at the end of 1921, staying until March 1928 with a number of absences for travel in Europe and short returns to North America. Simenon came to Paris in December 1922 and left the city definitively in June 1938, although in the intervening fifteen years much of his time from 1928 onwards was spent travelling elsewhere in Europe on his two boats, making long journalistic trips, including a world tour, and included a period of residence near La Rochelle from 1932 to 1935. Orwell’s time in Paris was much shorter, from early 1928 to December 1929, but was highly concentrated as he lacked the resources for travel. It is just possible that for a very brief period in March 1928 the three authors were simultaneously resident in Paris although it seems certain that they never met at that time.  
A biographical study of the three authors reveals some interesting general similarities in relation to their time in Paris along with some important differences. The most striking similarity is the youthfulness of the three men: at the time of their arrival in Paris, Simenon was only nineteen, Hemingway twenty-two and Orwell twenty-four. Yet, despite their young age, all three had lived through extreme experiences: Simenon’s adolescence in German-occupied Liège, Hemingway’s time as an ambulance driver on the Italian front, during which he was wounded, and Orwell’s five years spent as an officer in the British imperial police force in Burma. Despite the differences in their social backgrounds (Orwell and Hemingway came from relatively well-to-do families, while Simenon issued from the petite bourgeoisie), all three came to Paris with the same aim: to become writers. All three also benefited from some form of initial support in the city: Simenon had the promise of a job as secretary to the author and right-wing politician Binet-Valmer, Hemingway arrived with letters of introduction to the American expatriate literary community and Orwell had an aunt living in Paris. 
Here the similarities between the three men end, although further consideration of their lives in Paris reveals a number of “two-against-one” comparisons. The most obvious of these is, of course, that Simenon was a native-speaker of French, whereas Orwell and Hemingway spoke French only as a second language. The latter two lived on the left bank in the quartier latin whereas Simenon, after a short time in a succession of furnished rooms, found an apartment in the place des Vosges. While Simenon’s aim was to be a successful writer in Paris, and the city was the setting of much of his fiction, the other two saw life in Paris as a stepping stone to literary careers elsewhere and their Parisian texts are first-person memoirs written after their departure. In other ways, it is Orwell who is the odd-man-out: Simenon and Hemingway both lived with their wives, both earned a living from writing (Simenon primarily from pulp fiction, Hemingway from journalism and short stories), both moved in literary and artistic circles and both, while they later talked of the poverty of their early years in Paris, were relatively financially comfortable (Simenon as a result of the success of his popular fiction, Hemingway in part due to his wife’s income from an inheritance). In contrast, Orwell lived alone, worked initially as a private tutor of English before becoming a restaurant employee and suffered genuine deprivation. 
Nevertheless, the areas of overlap between the authors’ lives and literary output are striking. While Orwell worked as a kitchen-hand in an exclusive hotel, Simenon would use just such a context as a setting in Pietr le Letton (1931) and Les caves du Majestic (1942). The La Coupole restaurant and bar provides the backdrop to much of La tête d’un homme (1931) and was one of Hemingway’s drinking haunts. Finally, the rue Mouffetard, in the immediate vicinity of Hemingway’s apartment in the rue du Cardinal Lemoine and Orwell’s room in the rue du Pot-de-fer, is not only the home of Honoré Cuendet, the lazy burglar of Maigret et le voleur paresseux (1961), but also the setting of the childhood and adolescence of the painter Louis Cuchas in Le Petit Saint (1965). 
In subsequent posts, I will consider how these different contexts are realised by the three authors and I will suggest that the reader of Simenon has much to gain from a familiarity with the memoirs of his English and Americans counterparts in 1920s Paris. 

William Alder 

mercoledì 18 luglio 2018

SIMENON SIMENON. LE STAGIONI E I LUOGHI DEI ROMANZI

Alcune statistiche sulle opere dell’autore 

SIMENON SIMENONLES SAISONS ET LES LIEUX DES ROMANS 
Quelques statistiques sur les oeuvres de l’auteur 
SIMENON SIMENON. SEASONS AND PLACES IN THE NOVELS 
Some statistics about the author's works


Simenon ha ambientato le sue opere in tutte le stagioni. Era solito scrivere quando gli veniva l’ispirazione (amava dire di cadere in “état de roman”) e questo poteva capitare in ogni periodo dell’anno. Analizzando la stagione di scrittura con quella di ambientazione delle sue opere possiamo notare come spesso queste non corrispondano. Nello specifico possiamo notare che 37 romanzi sono ambientati in primavera, 51 in estate, 48 in autunno e 41 in inverno. In 12 casi su 37 l’ambientazione e la data di scrittura primaverili non corrispondono, in ben 19 su 51 non corrisponde quella estiva, 13 volte su 48 differisce la stagione autunnale anche in 15 casi su 43 l’inverno non corrisponde. In 5 circostanze i romanzi non hanno riferimento ad una sola stagione nel loro svolgimento. 
Passando invece ai luoghi in cui sono ambientati i libri dell’autore possiamo notare come Parigi e la sua regione siano lo scenario più utilizzato, le troviamo infatti in ben 76 casi, al secondo posto troviamo la provincia francese (ma in alcuni casi belga, olandese o svizzera) con 58 ambientazioni, seguono poi gli Stati Uniti con 12, la Costa Azzurra con8, i paesi equatoriali o tropicali con 7 e l’Europa orientale con 2. Va segnalato come 16 opere si svolgano in più località mescolando quelle precedentemente esposte. 
Da notare come il Simenon giovanile era solito variare di  molto le ambientazioni dei suoi romanzi (non a caso gli anni trenta corrispondono a quelli dei suoi viaggi in giro per il globo), i romanzi americani sono quasi tutti del periodo in cui, tra la metà degli anni quaranta e la metà dei cinquanta, lo scrittore visse negli Usa mentre dagli anni sessanta in poi la quasi totalità delle sue opere è ambientata nella capitale francese (lo stesso Simenon all’epoca era diventato stanziale, sia pure in Svizzera, nel cantone di  Vaud). 

Andrea Franco