martedì 24 ottobre 2017

SIMENON SIMENON. SABLES ROUGES ET FLOCONS BLANCS

A propos d'une traduction néerlandaise de Maigret et l'affaire Nahour 

SIMENON SIMENON. SABBIE ROSSE E FIOCCHI BIANCHI 
A proposito di una traduzione olandese di Maigret e il caso Nahour 
SIMENON SIMENON. RED SANDS AND WHITE FLAKES 
About a Dutch translation of Maigret and the Nahour Case 

On se rappelle qu'en septembre 1966, Simenon inaugurait à Delfzijl la statue de Maigret (voir notre billet du 3 septembre 2016). C'est son éditeur hollandais Bruna qui était à l'origine de l'événement. En effet, cette année-là, le 31 octobre, paraissait le 1000e volume de la collection Zwarte Beertjes, qui publiait un riche catalogue, avec les écrits, entre autres, de Leslie Charteris, Jean Bruce, Peter Cheyney, Ed McBain, Havank et Ian Fleming. Les couvertures étaient illustrées par Dick Bruna. Un des fleurons de la collection était naturellement Simenon, dont plus d'une centaine de titres ont été publiés par Bruna.  
Le premier roman de Simenon dans cette collection porte le numéro 11, et le titre Maigret op Montmartre (Maigret au Picratt's), publié en 1955. En 1966, sort donc le numéro 1000, une traduction de Maigret et l'affaire Nahour (Maigret en de zaak Nahour). Pour marquer l'événement, on décide d'en faire un volume particulier. En effet, le roman est double, avec une couverture tête-bêche, d'un côté le roman Maigret en question, et de l'autre, le roman Le château des sables rouges (Het kasteel van Roodezand), qui est une aventure de l'inspecteur Sancette, un des "rivaux" de Maigret, que Simenon a finalement abandonné pour laisser toute la place au commissaire à la pipe…  
Au milieu du volume, on trouvait un encart de photographies (nous ne possédons pas ce volume, et donc nous ne pouvons pas vous donner plus de détails… l'appel est lancé aux éventuels collectionneurs qui pourraient nous renseigner !), ainsi qu'un texte, De geboorte van Maigret, autrement dit La naissance de MaigretC'est le texte que Simenon rédigea à la demande de Bruna, et qui fut donc traduit en néerlandais. Le romancier y racontait comment son commissaire était né sur une barge abandonnée dans un canal de Delfzijl, et comment il avait été baptisé au genièvre… Certes, Simenon avait déjà souvent parlé auparavant de cette naissance de son personnage, en proposant d'ailleurs des versions différentes, mais c'est la première fois que la version "officielle" était couchée sur le papier, et elle allait dorénavant rester, pour le romancier lui-même, la version à laquelle il allait se tenir, que ce soit dans ses déclarations en interviews, ou dans ses textes autobiographiques futurs 
Ce texte fut repris, en 1967, pour servir d'avant-propos au premier tome de la collection Maigret des Œuvres complètes publiées par les éditions Rencontre. On peut le lire ici: http://www.trussel.com/maig/birthf.htm 
Pourquoi a-t-on choisi, pour figurer dans ce volume, ce Château des sables rouges, un roman populaire que l'auteur avait signé du pseudonyme George Sim en 1929, et qu'il n'avait réussi à faire publier qu'en 1933, dans la collection "Criminels et Policiers" chez Tallandier ? Pourquoi le choix de faire figurer ce "rival" de Maigret dans un même volume ? Et pourquoi précisément ce roman-là, qui n'était pas le seul où apparaissait Sancette ? 
Deux hypothèses peuvent être avancées. D'une part, l'action de ce roman se passe dans la région de Delfzijl, et c'était comme un clin d'œil à Maigret, qui était né, disait-on, dans ce port hollandais… D'autre part, Simenon appréciait ce roman, comme le rapporte Francis Lacassin. Celui-ci avait l'intention de rééditer une série de romans sous pseudonymes, et parmi la liste sur laquelle le romancier et lui étaient tombés d'accord, se trouvait Le château des sables rouges: "Il ne me déplaît pas - avait dit Simenon à Lacassin – et j'aurais presque pu le signer Simenon". Probablement parce que, comme l'écrit Lacassin, ce roman est "un essai – inattendu dans un roman populaire, et très réussi – de la fameuse atmosphère simenonienne. […] C'était pour lui l'un des "livres-paliers" qui, de temps à autre, lui permettait de franchir une nouvelle étape." 
Et comme l'action de ce roman se passait en hiver, et qu'il en était de même dans Maigret et l'affaire Nahour, le thème de la couverture était tout trouvé, et Dick Bruna créa une superbe illustration, où le château se découpait en silhouette noire sur un paysage dénudé, tandis que des flocons blancs parsemaient l'autre face… 

Murielle Wenger 

lunedì 23 ottobre 2017

SIMENON SIMENON. HIS “DICTATIONS”/ 1

What Georges had to say about them and more 

SIMENON SIMENONSES DICTEES/ 1 
Ce que Georges avait à en dire et davantage 
SIMENON SIMENON. I SUOI "DICTEES"/1
Quello che Georges aveva da dire e oltre


The English translation of Assouline’s biography Simenon whittles ten pages about Simenon’s Dictations down to just three. Expanded consideration of these works is worthwhile because they reveal a lot about the man. 
For his 70th birthday, Simenon bought himself a tape recorder, which he called a “toy. Belittled further as a “hobby by its user, that little machine, in fact, recorded a prodigious amount of material from 1973 to 1977. In a not so humble justification, Simenon proclaimed therein: “I no longer had the need to instinctively put myself in the skin of those that I met. I was in mine, for the first time in 50 years.” Transcribed by Joyce Aitken onto 1260 pages in 21 volumes, his spoken words emerged in readable form over five years from 1975 to 1979. 
Biographer Assouline offers Simenon’s “compulsive need to express himself” as the principal reason for this outpouring. Although clearly off on a prolonged ego trip, at times Simenon was hard on himself regarding the quality of these works. Take, for examplethis dictated denigration: “These dictations show that I am rather talkative by nature… All this is nothing but chatter [… that] I am sometimes ashamed of I dictate, therefore I am… In the end, I have nothing to say… I can’t keep quiet…” Although the biographer confirms that the author “was not always softhearted towards this autobiographical production, he does wonder if “was this false modesty on the part of this arrogant man or the ultimate leap of his terrifying lucidity?”  Indeed, he auto-critically compared the “fraudulent copies” of his Dictations to the “original canvas” of his Pedigree. Stillas Assouline points out, “Like a writer who had nothing to lose, he believed himself to be sufficiently untouchable that one would grant his ‘Reflections’ a reprieve. 
While it does seem apparent that Simenon “did not try to deny the extravagant character” of his Dictations, the following extracts suggest his self-deprecations were phony, at least to me: In 1974, when he applies the Latin derived word elucrubations to these works and states they “don’t look like anything, it sounds as though he is putting himself down, but he is not because the word’s first meaning is assiduous studies and he’s saying they “are unlike anything else.” In 1975, when he states his own personal notes” are “of little interest,” he has just finished comparing them favorably to Thomas Mann’s “30 great notebooks.” In 1976, when he calls himself an ignorantus—seemingly a Latin term for an ignorant personthis has a false ring, too. Since no such word exists in Latin (Molière made it up in The Imaginary Invalid), he is not really calling himself ignorant. 
So, why then did Simenon risk these “extravagant” Dictations? The biographer’s answer is: to drive off the ghosts that haunted him: failure, old age, and death. To justify himself, encore et toujours.” This latter phrase translates literally as again and alwaysa pleonastic reinforcement of the idea of once and forever. To my mind, the autobiographer answered the question in 1977, in the last of his DictationsI write for my personal satisfaction, I was going to say because of obsession…” 

David P Simmons