martedì 10 settembre 2019

SIMENON SIMENON. MAIGRET FAIT LE TOUR DU MONDE

Le commissaire enquête surtout à Paris, mais cela ne l’empêche pas de rencontrer toutes sortes de personnages venus d’autres pays


SIMENON SIMENON. MAIGRET FA IL GIRO DEL MONDO
Il commissario indaga principalmente a Parigi, però ciò non gli impedisce di incontrare tutti i tipi di personaggi di altri paesi
SIMENON SIMENON. MAIGRET AROUND THE WORLD
The Chief Inspector investigates mainly in Paris, but that does not prevent him from meeting all kinds of characters from other countries





Nous avons publié ces dernières semaines un certain nombre de billets concernant des personnages de la saga maigretienne. Dans le premier billet de cette série, nous avions constaté que dans les premières enquêtes, Maigret avait souvent affaire à un monde cosmopolite, et dans les romans dont nous avions parlé (Pietr le Letton, La Tête d’un homme, Le Charretier de la « Providence »), il s’agissait d’un cosmopolitisme parisien, puisque les personnages croisés par le commissaire se retrouvaient dans des lieux de la capitale.
Mais il est aussi arrivé à Maigret de mener quelques enquêtes à l’étranger, et nous avons déjà évoqué la Belgique, les Pays-Bas et les Etats-Unis. A ces pays, on peut ajouter quelques autres, pour de brefs passages qu’y a faits le commissaire : Grande-Bretagne (Le Revolver de Maigret), Suisse (Maigret voyage) et Allemagne (Le Pendu de Saint-Pholien).
Une des toutes premières enquêtes narrées par Simenon mène donc Maigret jusqu’à Brême. Le passage dans la ville va cependant être court, et le commissaire n’aura guère le temps de se familiariser avec les us et coutumes du peuple allemand. Il aura juste affaire à quelques policiers du cru, avec qui la conversation est limitée, puisque Maigret « ne bafouillait que quelques mots d’allemand ». Ce sont donc les fonctionnaires autochtones qui vont s’efforcer de parler en français. Maigret va surtout converser avec deux policiers, dont l’un est « jeune et rose, le crâne rasé, portait une jaquette et des pantalons rayés, essuyait de temps en temps les verres de ses lunettes à branches d’or. Il avait un titre comme docteur en police scientifique », et l’autre est « un jeune homme aux yeux rêveurs [qui] parlait un français correct, appliqué, mettait son orgueil à trouver le mot juste » ; Maigret ne verra des autres habitants de la ville que des hommes d’affaires dans une brasserie où joue un orchestre viennois tandis que s’entrechoquent les chopes de bière. Voilà tout ce que le commissaire ne connaîtra jamais des ambiances germaniques…
Quant à la Suisse, Maigret n’en découvrira guère plus qu’un palace lausannois (avec son concierge qui « parlait cinq ou six langues […], en français il avait un léger accent allemand », et sa clientèle internationale, dont « une famille d’asiatiques […] la femme en sari doré »), et, tout de même, une auberge au bord du lac, dont « une tablée de gens du pays qui parlaient de la chorale à laquelle ils appartenaient ». Avec, en prime, le petit discours du chef de la Sûreté de Lausanne qui lui explique que, dans son pays, « la proportion de V.I.P. […] est plus grande ici qu’à Paris ou que, même, sur la Côte d’Azur »…
Maigret rencontre aussi un certain nombre de ressortissants venus d’au-delà des frontières et qui sont établis à Paris ou ailleurs en France. En faire la liste revient à montrer comment Simenon a été attentif aux données sociologiques de son temps, et ce serait une erreur de croire qu’il n’a mis en scène que les hobereaux de province, les marins des ports bretons et normands, les concierges parisiennes et tout le petit peuple des artisans de Montmartre…
On peut donc citer, entre autres, le Danois Andersen (La Nuit du carrefour), la Russe Marie Vassiliev (L’Affaire Saint-Fiacre), le Grec Graphopoulos (La Danseuse du Gai-Moulin), l’Australien Brown et le Suédois Yan (Liberty Bar), Nouchi la Hongroise (Cécile est morte), l’héritière d’un riche Argentin (Signé Picpus), Jean Bronsky chef de la bande des Tchèques (Maigret et son mort), le Yougoslave Kridelka (Maigret en meublé), Maria la Polonaise (Maigret à l’école), Carlotta l’Espagnole (Une confidence de Maigret), Nahour le Libanais et Alvaredo le Colombien(Maigret et l’affaire Nahour)…
Un véritable tour du monde accompli par Maigret…


Murielle Wenger


Un texte consacré à ce sujet, intitulé Les voyages de Maigret ou le commissaire ethnographe, vient de paraître dans le dossier « Présence de Georges Simenon », coordonné par Jean-Baptiste Baronian, et publié dans la Revue générale (fondée en 1865, elle la plus ancienne revue belge en activité), éditée par les Presses Universitaires de Louvain. Pour obtenir le numéro, écrire à : duc@ciaco.coop

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