sabato 18 marzo 2017

SIMENON SIMENON. LE CHARRETIER ATTIRE-T-IL LA PROVIDENCE ?

Quelques réflexions sur Le charretier de la Providence, et les critiques lors de sa parution

SIMENON SIMENON. IL CARRETTIERE ATTRA LA PROVVIDENZA ?
Alcune riflessioni su Il carrettiere della Provvidenza, e le recensioni al momento della sua pubblicazione
SIMENON SIMENON. DOES THE CARTER ATTRACT PROVIDENCE?
Some thoughts on The Carter of 'La Providence', and reviews at the time it was published

Nous sommes en mars 1931. Simenon vient de vivre la folle nuit du Bal anthropométrique, et sans doute en est-il à se demander si celui-ci aura une suite, si ce ne sera qu'un épisodique succès médiatique, ou si, au contraire, c'est le début d'un vrai lancement pour son nouveau héros… Retiré dans un hôtel à La Ferté-Alais, Simenon se met à écrire d'autres romans pour le commissaire (Le chien jaune et La nuit du carrefour). En librairie, sont sortis Le pendu de Saint-Pholien et Monsieur Gallet, décédé. Mais il a déjà donné à Fayard les tapuscrits de Pietr le Letton (dont on sait que l'éditeur a préféré le faire paraître en feuilleton dans le journal Ric et Rac) et de Le charretier de la Providence. Ce dernier a été rédigé à la même époque (soit l'été 1930) que Monsieur Gallet décédé, et avant Le pendu de Saint-Pholien (automne ou hiver 1930). Et pourtant, ce n'est pas Le charretier qui a été retenu pour le lancement à la Boule Blanche, sans qu'on en connaisse vraiment la raison (nous en avons déjà parlé plusieurs fois sur ce blog).
Cependant, Le charretier de la Providence a quand même dû avoir une certaine importance pour Simenon, ou en tout cas une certaine signification dans l'ascension du romancier vers la reconnaissance littéraire. En effet, c'est ce roman qui est choisi pour être publié en mars 1931, soit le premier roman à la suite des deux qui inauguraient la nouvelle collection, et probablement Simenon a-t-il dû se dire qu'on "l'attendait au tournant". Le pendu et Gallet avaient bénéficié du battage médiatique du Bal anthropométrique, et, comme l'ont écrit certains commentateurs, après le Bal, on parlait surtout, dans les journaux, de cette fête où le Tout-Paris s'était rendu, bien plus que des deux romans eux-mêmes…
Mais, avec Le charretier, il s'agissait maintenant de confirmer une première bonne impression, et de montrer de quoi le romancier était capable, sur le plan non plus événementiel, mais sur le plan littéraire…
Comment faut-il imaginer Simenon, dans son hôtel de La Ferté ? En train d'attendre avec impatience les journaux de Paris, et se jetant avidement sur les critiques littéraires, pour y découvrir quelques mots sur Le charretier de la Providence ? Ou, au contraire, déjà sûr de son succès, et ne se préoccupant que d'écrire de nouveaux romans pour rester sur sa lancée ? Ou encore, hésitant sur l'avenir de son commissaire, mais déterminé à mener l'essai jusqu'au bout, confiant dans ses propres potentialités ?...
Le charretier de la Providence paraît à la fin du mois de mars 1931, et on peut dire que la bataille n'est pas gagnée d'avance… Comme le remarque Pierre Assouline, on continue d'associer le nom de Simenon au mot de "record" (l'annonce du livre, dans plusieurs journaux, se fait sous ce titre, avec ces mots:" Qui n'a pas à son actif un record ? C'est pourquoi Georges Simenon veut en établir un nouveau. […] Trois romans en un mois, tel est ce record. Jusqu'où ira-t-il ?"), comme s'il s'agissait d'épater la galerie plutôt que d'écrire un bon texte…
Parmi les premières critiques, celle de René Lalou dans La Quinzaine critique des livres et des revues, parue le 25 avril, et qui montre une certaine déception (Lalou avait beaucoup aimé les deux premiers romans): "Le titre même donne le mot de l'énigme; si bien que le roman vaut plutôt par l'évocation de personnages que par l'enquête du commissaire Maigret; bref, la matière paraît un peu péniblement étirée."
Si Simenon a lu cette critique, il y avait de quoi douter de lui-même… Mais d'autres critiques ultérieures pouvaient le rassurer. Ainsi, en août, paraissait, dans Les Nouvelles littéraires, un article de Georges Charensol, un des premiers qui ait deviné les potentialités du romancier; dans son article (qui fait partie de la série "Les illustres inconnus"), Charensol évoque "ces œuvres remarquables que sont Monsieur Gallet décédé, Le pendu de Saint-Pholien, surtout Le charretier de la Providence et Pietr le Letton", et il conclut par ces mots: "On peut dire sans craindre de beaucoup se tromper, que ce romancier populaire demain sera un romancier tout court".
Une autre reconnaissance lui viendra quelques temps plus tard: en août 1932, dans le journal L'Action française, Robert Brasillach écrivait un article intitulé "Claude Aveline: La double mort de Frédéric Belot et les Romans de Georges Simenon". Mis à part quelques restrictions, Brasillach admire chez Simenon son art de créer une atmosphère, et il ajoute: "je ne connais pas d'évocation plus mélancolique, plus exacte, de la vie des canaux que cet étonnant Charretier de la Providence, où la brume, l'humidité, l'eau lente composent un paysage inoubliable". Et Brasillach remettait ça en août 1933, dans sa critique de La maison du canal: "Simenon a retrouvé, dans un décor à peu près semblable, le climat de son meilleur livre, Le charretier de la Providence".
Alors, pari gagné pour Simenon ? En ce mois de mars 1931, rien n'était moins sûr, et le romancier n'avait plus qu'à s'atteler à sa machine à écrire pour prouver que Maigret était le meilleur des policiers…

Murielle Wenger

2 commenti:

Andrea Franco ha detto...

Davvero infelice il titolo dato al romanzo che rivela subito il nome del colpevole:che abbia influito sul non farlo presentare al Bal anthropométrique?

Andrea Franco ha detto...

anche perchè i titoli presentati sono suggestivi(m gallet décédé et le pendu de saint pholien) e richiamano subito al giallo in voga all epoca