martedì 8 novembre 2016

SIMENON SIMENON. ANTIBES, TROIS MOIS, TROIS MAIGRET, ET DEUX FILMS


Novembre 1931 – février 1932, Simenon séjourne et travaille sur la Côte d'Azur 

SIMENON SIMENON. ANTIBES, TRE MESI, TRE MAIGRET E DUE FILM 
Novembre 1931 – febbraio 1932, Simenon vive e lavora sulla Costa Azurra 
SIMENON SIMENON. ANTIBES, THREE MONTHS, THREE MAIGRET AND TWO FILMS 
November 1931 – February 1932, Simenon stays and works on the French Riviera 



3 novembre 1931. Après deux ans et huit mois de bons et loyaux services, Simenon se sépare de l'Ostrogoth, son fidèle bateau qui fut aussi le berceau de Maigret. Une nouvelle étape s'ouvre. Le succès des premiers romans parus chez Fayard, la première vente des droits cinématographiques, tout cela fait que le jeune romancier se retrouve soudain dans une certaine aisance matérielle, et qu'il a envie de franchir une nouvelle ligne. Pour cela, rien de tel que louer une villa au cap d'Antibes. Comme l'écrit Pierre Assouline, cela fait "très chic, l'hiver sur la Côte d'Azur". Simenon s'installe dans une villa aux murs rouges, baptisée "Les Roches-Grises", et il se prend au jeu de ce qu'il appelle lui-même sa période de "folie des grandeurs": "Il me fallut acheter une énorme Imperial Chrysler importée tout exprès des Etats-Unis" (in Destinées), "Tout fiérot du succès de mes Maigret et de la vente de mes trois films, j'ai loué une immense villa" (in Point-Virgule), "Je m'habillais chez un des meilleurs tailleurs de Paris et, le soir, je passais un smoking pour aller au Casino" (in Un homme comme un autre). 
Mais contrairement à ce que l'on pourrait penser, ce n'est pas un période de farniente pour Simenon: levé tôt le matin, il écrit un chapitre pour un roman Maigret, puis le reste de la journée est consacré au travail avec Jean Renoir sur l'adaptation (scénario et dialogues) de La nuit du carrefour, puis avec Jean Tarride pour Le chien jauneLes soirées se passent dans des virées à Cannes ou à Nice. Ce qui ne l'empêche pas de  négocier en même temps un contrat avec son premier éditeur américain… Un rythme effréné, qui convient bien au jeune trentenaire décidé à dévorer la vie de tous les côtés… Mais un rythme qu'on ne peut cependant pas tenir sur la durée, et, dès février 1932, Simenon décide de chercher une maison au calme, un "home", comme Tigy l'écrit dans ses Souvenirs. Ce sera Marsilly… 
Que retenir de ces trois mois sur la Côte d'Azur ? D'une part, que c'est là que Simenon fait ses premières expériences dans le monde du cinéma, de l'autre côté de la toile, pourrait-on dire. Il y gagnera l'amitié de Jean Renoir, mais apprendra aussi à connaître tous les écueils qu'on peut rencontrer sur le projet d'un film. D'autre part, c'est à Antibes qu'il écrit trois Maigret, dont l'un a une résonance toute particulière: en effet, le premier roman que Simenon écrit en janvier 1932 est L'affaire Saint-Fiacre, dans lequel, pour la première fois, il éprouve le besoin de doter son personnage d'un passé, de souvenirs d'enfance, comme si, après une douzaine de romans de la série, il sentait qu'il fallait donner à son héros une certaine profondeur, creuser sa personnalité pour continuer sur sa lancée, et ne pas s'essouffler en restant dans une veine uniquement policière. Comme s'il était en train de chercher une nouvelle voie. Il est à noter en effet qu'après trois autres Maigret écrits en 1932, ce sera la coupure du voyage en Afrique, et c'est au retour de celui-ci que Simenon inaugure vraiment une période de rédaction de "romans durs". On peut aussi remarquer que le troisième de ces Maigret est Liberty Bar, qui, bien qu'écrit à Marsilly, situe son action en partie à Antibes, comme un dernier clin d'œil à la Côte d'Azur, alors que le romancier inaugure sa période de découvreur du monde, avant de succomber à une nouvelle "crise de snobisme" en louant un luxueux appartement à Neuilly…  

Murielle Wenger 

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