martedì 1 novembre 2016

SIMENON SIMENON. LE RETOUR DE TORRENCE

Les dessous de l'Agence O ou comment Simenon remet un personnage en activité 

SIMENON SIMENON. TORRENCE TORNA 
I retroscena dell'Agence O o come Simenon rimette un personaggio in attività  
SIMENON SIMENON. TORRENCE RETURNS 
The hidden sides of the O Agency or how Simenon puts a character back in service 
  
Les lecteurs de Maigret le savent: l'inspecteur Torrence, dans le premier roman de la saga, Pietr le Letton, est tué à l'hôtel Majestic où il avait établi sa planque. Ce meurtre de Torrence par la plume de Simenon a pour conséquence qu'il n'apparaît plus du tout dans les autres romans de la période Fayard, et il faut attendre la période Gallimard pour le voir réintégrer l'équipe du commissaire. Le romancier a-t-il eu des remords d'avoir trucidé ce fidèle collaborateur de Maigret ? On est en droit de le penser, car ce personnage a eu longtemps la cote du Simenon auteur de romans populaires, qui l'a utilisé à maintes reprises.  
Torrence apparaît dans trois romans racontant les exploits de l'inspecteur Sancette: Matricule 12, signé Georges Sim et paru en 1932 chez Tallandier, dans lequel Sancette et Torrence travaillent sous les ordres du commissaire Lucas; L'homme qui tremble, signé Georges Sim et paru en 1930 chez Fayard; Les amants du malheur, signé Jean du Perry et paru en 1930 chez Ferenczi. Fayard publie aussi en 1930 deux romans signés Christian Brulls, L'inconnue, dans lequel le brigadier Torrence travaille avec le commissaire Lucas, et Train de nuit, le premier des "proto-Maigret", dans lequel Torrence apparaît en tant qu'inspecteur travaillant avec le commissaire Maigret. En 1931 paraît chez Fayard Les errants, signé Georges Sim, dans lequel Torrence est inspecteur, et entre 1931-1932 est publié en feuilleton, dans le journal "La Jeunesse illustrée"La maison des disparus, signé Christian Brulls, où cette fois Torrence a été promu commissaire. On le retrouve à ce grade dans Fièvre, signé Christian Brulls et paru en 1932 chez Fayard, où cette fois, c'est Lucas qui travaille comme inspecteur sous ses ordres. Torrence va encore apparaître dans deux "proto-Maigret" signés Georges Sim et publiés chez Tallandier, La maison de l'inquiétude en 1932 et La femme rousse en 1933. Il semble donc évident que Torrence est une figure importante des romans policiers de Simenon, et que, dès le début, le romancier a voulu en faire un adjoint de Maigret. Rien d'étonnant donc de le retrouver aux côtés du commissaire dans le premier roman "officiel" de la saga qu'est Pietr le Letton, mais on se demande bien pourquoi Simenon le fait mourir dans ce roman, à moins qu'il n'ait voulu accentuer par là le côté dramatique de ce meurtre d'un collaborateur très proche de Maigret… 
Quoi qu'il en soit, il semble bien l'avoir regretté, et c'est pourquoi, en attendant de le "ressusciter" dans les romans de la période Gallimard, il va le remettre en scène une
première fois, dans une nouvelle du recueil Le petit Docteur, rédigé en mai 1938, La bonne fortune du Hollandaisoù on retrouve Torrence en inspecteur travaillant avec le commissaire LucasEn juin 1938, Simenon écrit les nouvelles des Dossiers de l'agence O, et cette fois, s'il remet Torrence en activité, celui-ci n'est plus inspecteur de la PJ, mais il est devenu le directeur d'une "des plus fameuses agences de police privée du monde entier". Si Torrence est directeur "pour la façade" de l'agence, c'est en réalité Emile, "un long jeune homme roux" (le fantôme de Sancette n'est pas loin…) qui tire les ficelles. 
Néanmoins, ce retour de Torrence va permettre au romancier de renouer avec ce personnage, et, en 1939, il le replace aux côtés de Maigret dans la nouvelle L'homme dans la rue, avant de le faire réintégrer l'équipe des proches collaborateurs du commissaire dans Les caves du MajesticDésormais, Torrence a retrouvé sa place, et Simenon, par une dernière pirouette, justifie ce revirement dans Les mémoires de Maigret, où par la plume de son commissaire, il écrit à ce propos: "je crois que, quelque part, Simenon l'a donné pour mort à la place d'un autre inspecteur, effectivement tué à mes côtés, celui-là, dans un hôtel des Champs-Elysées", une excuse pratique pour expliquer le retour de Torrence sur la scène… Et, par un petit clin d'œil à ses fidèles lecteurs, Simenon poursuit: "il avait un terrible appétit de vivre en même temps qu'un sens des affaires assez peu compatible avec l'existence d'un fonctionnaire. Il nous a quittés pour fonder une agence de police privée, une agence fort sérieuse". Ultime manière de rappeler le souvenir des Dossiers de l'Agence O 

Murielle Wenger

1 commento:

Andrea Franco ha detto...

torrrence,insieme a lucas,è uno dei facenti parte dell'equipe di maigret a essere più presente anche ad indagare "per conto suo"sia nelle indagini dei romanzi popolari sotto pseudonimo sia nei dossiers dell'agenzia O