martedì 25 settembre 2018

SIMENON SIMENON. SEPTEMBRE, LE MOIS DE MAIGRET ?

Ce que les dates de rédaction de certains romans nous disent sur l'œuvre de Simenon 

SIMENON SIMENON. SETTEMBRE, IL MESE DI MAIGRET ? 
Ciò che le date di scrittura di alcuni romanzi ci raccontano sull'opera di Simenon 
SIMENON SIMENON. SEPTEMBER, MAIGRET'S MONTH? 
What the writing dates of certain novels tell us about Simenon's works 


Pour un romancier aussi prolifique que l'était Simenon, qui écrivait, à l'apogée de sa production, quatre romans en moyenne par année, il peut être intéressant d'examiner comment se répartit la rédaction de ces romans sur l'année, autrement dit, de voir si certains mois, certaines périodes sont plus propices que d'autres à la rédaction. Claudine Gothot-Mersch, dans son essai "Le travail de l'écrivain à la lumière des dossiers et manuscrits du Fonds Simenon" a traité ce sujet, et moi-même j'ai aussi tenté une analyse, que l'on peut lire ici: http://www.trussel.com/maig/ecrivain-f.htm 
Pour les romans des Presses de la Cité, on a pu constater qu'il y a des périodes de l'année pendant lesquelles Simenon est plus souvent en "état de roman", et pour les Maigret en particulier, un "pic de production" peut s'observer pour le mois de septembre. Est-ce parce que septembre, le "mois de la rentrée" après une pause estivale, se prêtait bien à reprendre "en douceur" le rythme de production, en commençant par la rédaction d'un Maigret plutôt que d'un roman dur, qui exigeait davantage de concentration ? On ne peut probablement pas en faire une généralité, d'autant que certains romans durs ont aussi été écrits en septembre. Cependant, on retiendra quand même que la rédaction de plusieurs de ces romans Maigret de septembre intervient à un moment-clef de la bio-bibliographie simenonienne. 
S'il est avéré que Simenon se trouve, en septembre 1929, à Delfzijl, où il doit attendre que son bateau soit réparé, on ne sait pas exactement quel roman il a écrit dans la fameuse barge abandonnée. Que ce soit déjà Pietr le Letton, ou encore un des "proto-Maigret", ce mois de septembre 1929 voit l'apparition "officielle" du commissaire à la pipe, apparition qui sera consacrée, 37 ans plus tard, par l'érection d'une statue dans le petit port hollandais, inaugurée le 3 septembre 1966.  
Septembre 1931. Après la séance de dédicaces à Deauville, qui a vu la "confirmation" (Simenon dixit) de Maigret, le romancier s'installe à Ouistreham, sur l'Ostrogoth, et, pour le dixième roman de la série, il envoie son héros à Liège, dans une enquête qui ressemble furieusement à l'évocation des souvenirs de jeunesse de son créateur. Après Le pendu de Saint-Pholien des tout débuts, une large part autobiographique court entre les pages de La danseuse du Gai-MoulinUne sorte de besoin pour le jeune romancier, qui commence à connaître le succès, de faire un retour aux sources et de mesurer le chemin parcouru ?... 
Septembre 1948. Simenon est dans les débuts de sa période américaine. A la fin de l'année précédente, il a remis son commissaire en activité à la PJ dans Maigret et son mort. Le premier roman de l'année 1948 est un de ses chefs-d'œuvre, La neige était sale, le deuxième est une façon d'exorciser la mort de son frère Christian (Le fond de la bouteille), et le troisième, écrit en septembre, est un Maigret, dans lequel il éprouve le besoin de faire le point sur sa créature, en racontant ses débuts dans la police: La première enquête de MaigretUne sorte de nouveau départ, avant d'entamer une longue série de romans pour la saga maigretienne, qui devient le second pan nécessaire à l'équilibre de l'œuvre.  
Septembre 1950. Simenon vient d'épouser Denyse et de s'installer avec celle-ci et leur fils John à Lakeville, où le romancier entame une période de grande productivité, qui voit la rédaction de quelques-uns des meilleurs romans de la saga maigretienne. Le premier roman Maigret que Simenon écrit à Lakeville est Les mémoires de Maigret, qui est au centre de la chronologie rédactionnelle de la saga, et qui est en même temps le pivot autour duquel celle-ci s'articule, parce que ce roman est une mise au point entre le créateur et sa créature, une mise au point après laquelle la relation entre eux deux va évoluer dans le sens d'un plus grand rapprochement, et va permettre un approfondissement marqué de la personnalité de Maigret. 
Nous passerons rapidement sur Maigret et l'homme du banc (septembre 1952), Maigret s'amuse (septembre 1956), Maigret et les braves gens (septembre 1961), Maigret à Vichy (septembre 1967), les deux derniers écrits au retour de vacances de Simenon, et les trois derniers évoquant des vacances, ou un retour de vacances de Maigret…, et enfin Maigret et le marchand de vin (septembre 1969), pour arriver en septembre 1972.  
Le 18 de ce mois-là, Simenon s'installe à sa table et cherche l'inspiration. En vain. Victor, un roman dur, ne verra jamais le jour. Peut-être, pure hypothèse bien entendu, le romancier aurait-il dû s'attaquer plutôt à un Maigret pour retrouver sa veine inspiratrice. Mais celle-ci est définitivement tarie. Et sans doute y avait-il déjà quelque chose de cet épuisement du filon dans son dernier roman, Maigret et Monsieur Charles, un sentiment inconscient que la saga devait s'arrêter là, quand Simenon faisait décider à son héros que celui-ci n'accepterait pas de devenir un haut fonctionnaire cantonné dans la paperasse administrative, mais qu'il resterait à jamais l'homme du terrain, arpenteur des rues de sa ville.  
43 ans après une naissance baptisée au genièvre et à l'eau d'un canal hollandais, l'aventure s'arrêtait là. Elle continuerait cependant, et pour longtemps, d'abord dans les souvenirs du romancier devenu mémorialiste, et ensuite dans le cœur de tous les lecteurs… 

Murielle Wenger 

1 commento:

Andrea Franco ha detto...

à noter que dans le mois de septembre simenon à écrit des romans avec maigret qui se déroule soit en printemps (La Première Enquête de Maigret),soit en été,(m, s'amuse,m. à vichy),soit en automne(l homme du banc)et en hiver(le marchand de vin)