sabato 8 dicembre 2018

SIMENON SIMENON. L'HIVER RAMENE-T-IL MAIGRET ?

Quelques considérations sur l'importance de la saison dans l'inspiration du romancier 

SIMENON SIMENON. MA L'INVERNO CI RIPORTA MAIGRET? 
Alcune considerazioni sull'importanza della stagione nell'ispirazione del romanziere 
SIMENON SIMENON. DOES WINTER BRING MAIGRET BACK? 
Some thoughts about the importance of the season in the novelist's inspiration 


Simenon a expliqué à maintes reprises sa manière de commencer un roman, comment l'inspiration lui venait et comment il se mettait au travail après avoir installé son rituel. Il a décrit son état de transe, survenu après un déclic qui lui permettait d'entrer en écriture. A première vue, l'entrée en transe et le déclic pourraient se produire à n'importe quel moment, puisque cette inspiration est fruit de l'inconscient. Mais y avait-il des moments plus favorables dans l'année, liés en particulier aux saisons,  cette inspiration venait plus facilement au romancier ?  
Dans sa production sous patronyme, Simenon écrivit d'abord en moyenne 6 romans par année, avant que cette moyenne passe à 4, puis à 3, l'intensité de l'écriture requérant toujours davantage de ses forces. On peut dire que, dans l'ensemble, Maigret et romans durs compris, la production s'étalait sur l'ensemble de l'année, car on trouve des romans rédigés à tous les mois. Cependant, on peut constater que le romancier a écrit le plus grand nombre de romans durs en automne, et le plus grand nombre de Maigret en hiver. C'est peut-être une question de pur hasard, ou c'est peut-être dû aux aléas de son existenceSimenon trouvant moins le temps d'écrire au printemps et en été, lorsqu'il était davantage pris par des voyages et des vacances en famille.  
On connaît l'histoire de la naissance de Maigret dans une barge abandonnée aux confins de la Hollande. Cette naissance, telle que son créateur en forge la légende, serait survenue à un moment qui relèverait du pur hasard… Pourtant, si l'on admet que la silhouette de Maigret lui apparut vraiment en ce mois de septembre 1929 (en laissant de côté toute la construction par «essais et erreurs» du personnage au cours des années d'écriture populaire), était-ce aussi le hasard qui fit que Maigret naquit dans une atmosphère qui était celle de l'arrière-saison, lorsque l'automne bascule dans l'hiver ? 
Autrement dit, le personnage du commissaire aurait-il pu surgir de l'imagination du romancier à un autre moment de l'année, ou Maigret est-il lié à l'atmosphère de l'arrière-saison ? Son poêle, son lourd pardessus et nombre de ses premières enquêtes parues chez Fayard semblent montrer que les ambiances automnales et hivernales lui sont particulièrement bien adaptées… 
Mais qu'en est-il de la période de rédaction des romans eux-mêmes ? L'inspiration pour écrire un roman Maigret venait-elle à Simenon à n'importe quel moment de l'année, ou lui fallait-il une atmosphère plus «froide», que ce soit pour plonger son héros dans une ambiance semblable à celle qu'il vivait, ou au contraire pour lui octroyer des enquêtes dans la douceur de la belle saison ? 
Si l'on considère l'ensemble de la saga maigretienneon constate que la proportion de romans écrits en automne et en hiver est un peu plus élevée que celle des romans écrits au printemps et en été40 pour les premiers (dont 24 en hiver) et 35 pour les seconds. Cependant, on peut distinguer deux périodes dans la rédaction de la saga: d'une part, la période des romans écrits pour Fayard, dans laquelle l'obligation où se trouvait le romancier de répondre à la demande son éditeur qui, en échange de son accord, avait exigé une production mensuelle de la série, avait pour conséquence que Simenon ne pouvait pas attendre que l'état de transe se mette de lui-même en route, mais il devait écrire coûte que coûte un nouveau roman chaque mois, indépendamment des conditions météorologiques du moment… 
Mais qu'en fut-il lorsque le romancier ne fut plus obligé de fournir cette production mensuelle, et qu'il put choisir de reprendre son personnage au gré de son inspiration ? En mettant de côté les nouvelles écrites à la demande de journaux (encore que dans ce cas, on puisse constater que ces textes ont été rédigés en automne et en hiver…), on peut remarquer que les trois premiers romans Maigret que Simenon écrivit pour Gallimard furent rédigés pendant l'hiver, comme si les froidures de décembre et de janvier (ressenties probablement encore plus fortement en cette période de privations de 1939-1940, alors que la guerre s'installait et que les perspectives étaient surtout celles de l'incertitude…) incitaient le romancier à faire partager à son personnage ses propres sensations quant à la saison. Aura-t-on remarqué que la trame du roman Les Caves du Majestic, rédigé en décembre, se déroule en février; que celle de La Maison du juge, rédigé en janvier, se passe aussi dans ce même mois; et que celle de Cécile est morte, rédigé en décembre, se déroule dans le brouillard d'octobre ? Et qu'aussi bien dans Les Caves du Majestic que dans Cécile est morte, le fameux poêle du bureau de Maigret joue un rôle aussi important que celui qu'il jouait dans Pietr le Letton, ce poêle que, selon les dires du romancier lui-même, il octroya à Maigret parce qu'il régnait un froid humide dans la barge qui fut le berceau du commissaire…  
Notons enfin que pour les romans Maigret publiés aux Presses de la Citéà une époque où le romancier pouvait choisir, compte tenu de son inspiration, s'il allait écrire un roman dur ou un Maigret, 28 de ces derniers furent écrits en automne et en hiver (16 en hiver), et 22 au printemps et en été. Il semble donc bien que l'inspiration hivernale fût favorable à faire surgir la silhouette du commissaire…. 

Murielle Wenger 

2 commenti:

Andrea Franco ha detto...

Benchè molti Maigret siano ambientati durante la stagione estiva,nel mio immaginario il commissario lo vedo prevalentemente in azione durante il peridodo invernale,con la sciarpa di M.me Maigret e i vestiti pesanti

Anonimo ha detto...

idem.
GD