sabato 3 febbraio 2018

SIMENON SIMENON. UNE BALADE LIEGEOISE

Sur les traces de Maigret et de Simenon 

SIMENON SIMENON. UNA PASSEGGIATA A LIEGI 
Sulle tracce di Maigret e di Simenon 
SIMENON SIMENON. A STROLL IN LIEGE 
In the footsteps of Maigret and Simenon 

Liège - Boulevard de la Sauvenière (1900)
Il y a une semaine, je me trouvais en Belgique, pour participer à l'assemblée de l'Association des Amis de Simenon, au cours de laquelle, hélas, la décision a été prise de dissoudre cette association. Pour mettre un peu de baume sur les cœurs, une amicale "informelle" a été créée, ce qui permettra, nous l'espérons, encore quelques rencontres entre les membres passionnés de Simenon… 
J'ai profité de mon voyage pour faire une balade à Liège, en compagnie d'un simenophile et collectionneur fou, Guy Delchambre. Pour retrouver les traces de Simenon dans sa ville natale, on peut s'inspirer de divers guides: outre la petite brochure proposée par l'office du tourisme (et qu'on peut télécharger sur son site https://www.visitezliege.be), plusieurs spécialistes simenoniens ont proposé des itinéraires, dont Michel Lemoine, Christian Libens ou Jean-Denys Boussart. 
J'aurais pu vous proposer un grand reportage photographique, en prenant pour base l'itinéraire "classique" qui passe par les maisons natales du romancier et suit les traces de sa jeunesse; mais, pour être un peu plus originale, et compte tenu également des normes en vigueur sur ce blog quant à la longueur des textes, j'ai fait le choix de vous présenter plutôt quelques "flashes" sur des endroits de la ville, en prenant pour base deux romans de la saga maigretienne qui s'y déroulent, tout ou partie, Le pendu de Saint-Pholien et La danseuse du Gai-Moulin, et en faisant un détour par la nouvelle Le témoignage de l'enfant de chœur, dont on sait que sa trame se passe dans une ville non définie, mais qui emprunte beaucoup aux souvenirs liégeois de Simenon. 
Une remarque préliminaire s'impose: le visiteur nostalgique, qui voudrait à tout prix retrouver les lieux des romans, risque un peu la même déconvenue qui l'attendrait à Paris s'il voulait en faire de même: à part quelques bâtiments qui existent toujours, de nombreux lieux se sont modifiés, et les décors ne sont plus tout à fait identiques 
Voici donc quelques images d'une balade liégeoise, sur les traces de Simenon et de Maigret

Rue Haute-Sauvenière
"Il trouva la rue Haute-Sauvenière, une rue en pente, très animée, où il s'informa du tailleur Morcel." (Le pendu de Saint-Pholien: Maigret est à la recherche du tailleur qui a confectionné le complet taché de sang). 

Eglise Saint-Pholien
Le portail de l'église Saint-Pholien. Les guides montrent la poignée à laquelle le peintre Joseph Kleine fut retrouvé pendu en mars 1922. Le jeune homme était membre de la Caque, le groupe que fréquentait alors Simenon. Celui-ci raconte cet épisode dans son roman Les trois crimes de mes amis. Dans Le pendu de Saint-Pholien, on trouve aussi le suicide d'un certain Emile Klein, qui se déroule, selon le roman, en février, deux mois après le meurtre de Mortier lors du Noël rue Pot-au-Noir. A propos de cette église, on peut raconter cette anecdote: l'église actuelle a remplacé une autre église, démolie en 1910. Ce qui fait que c'est bien à la poignée de l'église d'aujourd'hui que le "petit Klein(e)" s'est pendu. Or, dans le roman, Simenon fait dire à Jef Lombard que l'église ancienne (représentée sur les dessins des pendus) n'existe plus depuis sept ans; quant au suicide de Klein, il remonte, toujours d'après le roman, à dix ans auparavant. Autrement dit, selon le roman, Klein se serait pendu à la poignée de l'église ancienne… Peut-être que Simenon a choisi cette version pour coller davantage à l'ambiance d'un décor "médiéval et gothique" tel qu'il le décrit à propos des événements rapportés… 

La Caque
Dans le roman, la rue où se réunissaient les "Compagnons de l'Apocalypse" est la rue du Pot-au-Noir. Les membres de la Caque, eux, se retrouvaient au 13 de la rue des Ecoliers, derrière l'église (voir la flèche bleue sur l'image). 

Rue de la Régence
Nous voici rue de la Régence, où demeure Adèle, dans La danseuse du Gai-Moulin. Lequel est le balcon de son appartement, qui "fascine" Jean Chabot ? 

Rue de la Loi 
Le numéro 53, rue de la Loi, où Simenon a vécu de 1911 à 1917. J'ai choisi de présenter cette demeure-là du jeune Georges, parmi d'autres possibles, parce que dans le roman La danseuse du Gai-Moulin, Simenon fait habiter son héros Jean Chabot (qui a bien des traits en commun avec le romancier…) dans une maison de cette rue: "Rue de la Loi. Des maisons à un étage. Un seuil. […] Au second, ce sont les pièces mansardées. De la fraîcheur filtre du toit." 

La chapelle de l'hôpital de Bavière 
La nouvelle Le témoignage de l'enfant de chœur est pleine des souvenirs d'enfance de Simenon, lorsqu'il était enfant de chœur et qu'il servait la messe à la chapelle de l'hôpital de Bavière. En retrouver les traces dans le Liège d'aujourd'hui incite, comme l'écrivent Michel Carly et Christian Libens dans leur ouvrage La Belgique de Simenon, "au vague à l'âme, tant le terrain vague qui a succédé [à l'hôpital de Bavière] est aujourd'hui devenu une triste friche oubliée. Seules la porterie et la chapelle subsistent encore." Lors de ma visite de samedi passé, le vague à l'âme s'est accentué encore, car un incendie récent dans ces locaux n'a pas amélioré la situation, et il semble bien que ceux-ci soient voués à la démolition… Espérons que la chapelle, du moins, échappe à la destruction… 
J'aurais pu vous parler de beaucoup de choses encore… De l'Hôtel de ville, de la place du Congrès, de l'Âne-Rouge ou de la rue Hors-Château, du Carré et du square d'Avroy, de la rue du Pot-d'Or et de la rue Léopold… Mais tout cela dépasserait le cadre de ce billet. Nous allons donc nous quitter sur cette image de la Passerelle, un des ponts, comme celui des Arches, qui permettaient de passer d'un côté de Liège à l'autre, et que Simenon franchit souvent, comme un premier passage de la ligne… 

La Passerelle


Murielle Wenger 

1 commento:

Andrea Franco ha detto...

je suis très désolé pour l association,mais après la disparition de Michel Schepens c'était probablement inévitable