martedì 8 maggio 2018

SIMENON SIMENON. UN ROMANCIER, UN PERSONNAGE ET UNE VILLE-JOUET

Quelques considérations à propos du roman "Un crime en Hollande" 

SIMENON SIMENON. UN ROMANZIERE, UN PERSONAGGIO E UNA CIT-GIOCATTOLO 
Alcune riflessioni sul romanzo "Un delitto in Olanda" 
 SIMENON SIMENON. A NOVELIST, A CHARACTER AND A TOY-CITY 
Some thoughts about the novel "A Crime in Holland "

Le personnage de Maigret est né, du moins selon la version à la fois officielle et mythique racontée par son créateur, alors que celui-ci séjournait à bord de son bateau l'Ostrogoth. On sait qu'en réalité le commissaire est issu d'une longue lignée d'essais que Simenon a faits dans le domaine du roman policier, mais il reste vrai que c'est lors de son séjour à Delfzijl qu'il s'est rendu compte qu'il venait de trouver le bon filon. Qu'il y ait écrit alors un des proto-Maigret plutôt que Pietr le Letton ne change d'ailleurs rien à la chose… D'autant plus que c'est vraiment sur son bateau qu'il va rédiger les premiers romans pour la nouvelle collection Fayard (Monsieur Gallet, décédé et Le charretier de la Providence), lorsqu'il ancre l'Ostrogoth à Morsang au printemps 1930. C'est dire si Maigret a connu une naissance placée sous les auspices de l'eau, maritime et fluviale…  
Pour pouvoir remplir les clauses du contrat qu'il a signé avec son éditeur, Simenon fait ensuite deux séjours sur terre (la côte bretonne pendant l'hiver 1930-1931, puis l'Ile-de-France en mars-avril). Il rejoint ensuite son bateau et Morsang au mois de mai. Le premier roman qu'il y écrit est Un crime en Hollande, et on peut y voir plus qu'un hasard si l'action de ce roman se déroule à Delfzijl. Ayant retrouvé cette ambiance fluviale et le décor de la vie à bord, les souvenirs ont dû revenir à la surface, et Simenon a sans doute évoqué son séjour dans la petite ville portuaire hollandaise, lorsqu'il avait vu surgir "la masse puissante et impassible d'un monsieur qui […] ferait un commissaire acceptable", ainsi qu'il le raconte dans son texte La naissance de Maigret 
Le romancier va donc envoyer son héros enquêter sur les lieux mêmes de sa naissance, et il lui fait éprouver, selon un principe qu'on retrouve à plusieurs reprises dans la saga (voir, par exemple, Le pendu de Saint-Pholien ou Maigret à New York), les mêmes sentiments et sensations que lui, le romancier, a éprouvées quand il a découvert la ville.  
A cet effet, on pourrait comparer la description de Delfzijl telle qu'elle est faite dans les premières pages du roman, et ce que Simenon en dira par la suite dans plusieurs de ses textes autobiographiques. D'ailleurs, il ne se cachait pas d'avoir emprunté à la réalité une bonne part de la matière de son roman. Ainsi, dans un article paru dans Les Nouvelles littéraires le 22 août 1931, un article sur "Georges Sim", signé Charensol pour la rubrique "Les illustres inconnus", Simenon évoque son travail de romancier, et dit ceci: "Avez-vous lu Un crime en Hollande ? Evidemment je ne vais plus pouvoir remettre les pieds dans ce pays: non seulement le cadre est réel, mais je n'ai même pas pris la peine de changer les noms des personnages […] En réalité je n'ai aucune imagination. Tout est pris dans la vie. Au cours de mes voyages j'ai connu tant de types, je suis entré dans l'intimité de tant d'êtres, que je n'ai qu'à chercher dans ma mémoire ce dont j'ai besoin." 
Et ce n'est pas seulement les êtres qu'il a croisés qui l'ont marqué, mais les lieux. La vision de la ville qu'on découvre dans Un crime en Hollande, avec ses rues "pavées de belles briques rouges", ses maisons "aux couleurs claires et joyeuses" qui font du lieu "un jouet", le canal où passent les bateaux, tout ceci fait écho à ce qu'on trouve sous la plume du mémorialiste: "Les rues sont pavées de briques roses. Les maisons sont roses." (dictée Un homme comme un autre). A noter que dans ses textes autobiographiques, Delfzijl est évoquée souvent, et son souvenir est naturellement relié à Maigret, et à cette naissance légendaire sur une vieille barge abandonnée dans le canal. Sans doute que le port "adorable" (ibid.) est resté, dans les souvenirs du romancier, une réminiscence d'autant plus agréable qu'il a vu la consécration de la légende, lorsqu'en 1966, une statue du commissaire y fut érigée. D'ailleurs, Simenon ne parle-t-il pas, dans ses Mémoires intimes, lorsqu'il raconte cet épisode, de Delfzijl telle qu'il la retrouve alors, comme d'une ville "toujours rose et blanche comme les villages-jouets"…  

Murielle Wenger 

1 commento:

Andrea Franco ha detto...

si tratta forse della migliore ambientazione di maigret fuori dalla francia(e non solo..),anche in Le château des Sables Rouges(1929,georges sim)vengono descvritte le stesse zone,in l assassin .del 1935,zone poco distanti