sabato 16 aprile 2016

SIMENON SIMENON. DE CANAUX EN RIVIERES, SIMENON PASSE LA LIGNE DES ECLUSES...

Extraits commentés d'un reportage que Simenon écrit à propos de son voyage par les canaux de France 

SIMENON SIMENON. FROM CANALS TO RIVERS, SIMENON WORKS HIS WAY THROUGH THE LOCKS... 
A few comments on extracts from a report Simenon wrote about his journey on the canals of France 
SIMENON SIMENON. DI CANALI IN FIUMI SIMENON ATTRAVERSA LA LINEA DELLE CHIUSE...  
Estratti commentati di un reportage scritto da Simenon sul suo viaggio tra i canali della Francia
Mi-avril 1928: Simenon s'est acheté un bateau, le Ginette, bien décidé à vivre sur l'eau le temps qui vient… Il a la bougeotte, et l'envie de découvrir la France de l'autre côté du décor: "Je m'étais aperçu que la plupart des villes et villages ont le visage tourné, non vers la route ou le chemin de fer, mais vers le fleuve, la rivière ou le canal" (in Quand j'étais vieux). Jusqu'en septembre 1928, il va parcourir près de 3000 km d'un tour de France par les canaux et les fleuves, découvrant le monde des mariniers et des écluses, un monde qu'on retrouvera souvent par la suite évoqué dans son œuvre. 
En 1931, dans l'hebdomadaire Vu, il publie un article-reportage sur son périple, intitulé Une France inconnue ou L'aventure entre deux berges. On trouve le texte de ce reportage dans le recueil Simenon, Mes apprentissages, Reportages 1931-1946, édité par Omnibus en 2001. Voici quelques extraits commentés de ce reportage. 
Simenon commence par présenter le "convoi en état de marche: D'abord le canot, avec son moteur, ma machine à écrire, quelques kilos de papier blanc et quatre personnes à bord; ma femme et moi, Boule, notre femme de chambre, Olaf, un chien danois de quatre-vingts centimètres au garrot, pesant ses soixante kilos. Derrière, au bout d'un filin, un petit canoë contenant les matelas et tous les ustensiles, y compris une tente de camping, un phono, des vêtements, etc." Si Simenon emporte sa machine à écrire, c'est que celle-ci lui est évidemment indispensable: à cette époque, il gagne sa vie en écrivant à la file contes et romans populaires, et pas question d'arrêter parce qu'on est sur l'eau… Comme l'écrit Tigy dans ses Souvenirs: "Le programme de la journée est invariable. Le matin sur la petite table pliante, ton père [Simenon père de Marc à qui Tigy s'adresse dans le texte, ndlr] tape son roman à tour de bras. Boule et moi faisons le marché, le feu de camp, la popote… Nettoyer le bateau, démonter la tente, remplir le canoë… L'après-midi, c'est «l'étape»… Là, il s'agit de trémater les chalands et péniches et d'arriver avant eux à l'écluse". 
Mais reprenons le texte du reportage de Simenon. L'équipage a décidé de suivre "l'itinéraire suivant: Paris, Epernay, Chaumont, Langres, Chalon-sur-Saône, Lyon, Marseille, Sète, Carcassonne, Toulouse, Bordeaux, Montluçon, Orléans, Montargis, Paris." On fait "dix kilomètres à l'heure. Et on marchera ainsi jusqu'à la nuit, après avoir déjeuné sur l'herbe. Dans la Marne, les écluses se succèdent à raison d'une par douze kilomètres environ. Dix à vingt minutes pour une éclusée. On a vite compris la manœuvre. Sauter à terre avant d'arriver. Courir sur les portes et tourner les vannes pendant que l'éclusier, méfiant, met le net à sa porte, regarde ce qui se passe, bourre sa pipe, s'avance et se décide enfin à saisir une manivelle." 
Simenon va non seulement apprendre tout un vocabulaire marinier, mais il emmagasine des images, des impressions, des décors qu'il réutilisera dans ses romans à venir, par exemple dans Le charretier de la Providence, dont l'action se déroule en partie à Dizy, où le romancier lui-même a fait étape: "C'est de Dizy que je veux parler, de Dizy un dimanche soir d'avril, sous une pluie désespérante. […] Le petit jour. La pluie plus abondante encore. […] un train Decauville passe dans un chantier et son conducteur s'abrite sous un énorme parapluie. […] une accorte Bruxelloise, la marinière du bateau qui est juste au-dessus de nous [nous dit:] – Venez vous réchauffer dans notre bateau ! […] Il ne pleut plus. Ciel bouché. Les coteaux crayeux de Champagne sont d'un blanc livide". Il suffira d'ouvrir le roman pour se rendre compte comment l'auteur a transmuté ses impressions en un texte extrêmement évocateur… 
Le Ginette va descendre ensuite le Rhône jusqu'à la Méditerranée, puis remonter d'autres canaux, passer d'autres écluses, des ponts, des paysages, Simenon accumulant des souvenirs pour alimenter encore bien des romans… Et quand il rentre à Paris, il n'a qu'une envie: repartir à nouveau, cette fois pour un voyage un peu plus lointain, sur les canaux belges et hollandais. Mais pour cela, il faut un nouveau bateau… A Fécamp, Simenon va faire construire l'Ostrogoth, sur lequel il vivra de mars 1929 à novembre 1931, et qui sera le berceau d'un certain Jules Maigret…

Murielle Wenger

2 commenti:

  1. M.me mes compliments, article absolument magnifique.
    g.

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    1. Murielle Wenger16 aprile 2016 09:28

      Grazie pour vos compliments ! Ce fut un plaisir que d'écrire ce texte...

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