martedì 21 giugno 2016

SIMENON SIMENON. LA DELIVRANCE D'UN ROMANCIER

A propos de la fondation du Fonds Simenon 

SIMENON SIMENON. THE RELEASE OF A NOVELIST 
On the foundation of the Fonds Simenon 
SIMENON SIMENON. "LA LIBERAZIONE"DI UN ROMANZIERE 
Si parla della fondazione del Fonds Simenon 

Le 8 juin 1976, Simenon signait un contrat, par devant notaire, avec le professeur Maurice Piron, de l'Université de Liège, contrat par lequel le romancier faisait la donation d'une importante quantité de documents de ses archives: manuscrits de romans, cassettes de ses Dictées, correspondances diverses, enregistrements d'interviews radiophoniques et télévisées, thèses et ouvrages sur son œuvre, traductions de romans, etc. La donation se faisait à la condition que l'Université crée un "Centre d'Etudes Georges Simenon", ayant la charge de conserver les documents en question, et de les mettre à la disposition des étudiants et des chercheurs. Les documents furent rassemblés en un "Fonds Simenon", d'abord installé à la Bibliothèque de l'Université, avant d'être déménagé au château de Colonster.  
C'est en 1972 que le professeur Piron, en charge de la chaire de philologie et littérature françaises, avait décidé de consacrer quatre cours à l'étude de l'œuvre simenonienne. Dans la foulée, on décerna, le 22 mai 1973, le titre de docteur honoris causa à Simenon. Piron rendit visite à Simenon en août 1973, et c'est là que s'ébaucha l'idée de créer un centre de recherches et de documentation sur le romancier. Une correspondance s'échangea entre Simenon et Piron, dans laquelle le premier se montrait enthousiaste à cette idée, et "assez ému", comme il le dit dans une de ses lettres. Cet enthousiasme et cette émotion transparaissent aussi dans les textes des Dictées rédigés à ce moment-là. 
Ainsi, le 14 avril 1976, dans les premières lignes qui ouvrent la Dictée Tant que je suis vivant, Simenon écrit: "Il me semble qu'en avançant en âge, on éprouve le besoin de se dépouiller de ce qui n'est pas l'essentiel.", et il parle d'un "dépouillement littéraire": "Toujours est-il que je m'assure […] que mon œuvre ne sera pas galvaudée, que mes manuscrits, tout ce qui concerne ma vie littéraire et même ma vie tout court, ne sera pas mis aux enchères publiques. J'en conçois une légèreté d'esprit que je n'avais pas connue depuis longtemps." 
Une forme de "libération", en quelque sorte, pour l'homme qui a cessé d'écrire des romans, mais qui attache cependant de l'importance à ce qui fut son œuvre… 
Le 7 juin 1976, autrement dit la veille de la signature de l'acte de donation, Simenon dictait, dans Tant que je suis vivant: "J'attends la délivrance. Car ce sera pour moi une délivrance de me dépouiller définitivement, globalement, alors que pendant tant d'années je ne suis dépouillé par petits bouts. 
Ce "dépouillement", Simenon l'a effectivement commencé depuis plusieurs années, d'abord lorsqu'il a quitté la grande maison d'Epalinges en 1972, devenue vide après le départ de la plupart de ses enfants, et symbole de sa vie de romancier passée, après l'échec du roman Victor; puis, lorsqu'en 1973, il fait supprimer la mention de "romancier" sur son passeport, redevenant, du moins veut-il le croire, un "homme comme un autre"… Puis, en 1974, lorsqu'il rejoint sa "petite maison rose", concentrant sa vie sur quelques pièces, loin des fastes passés… 
Et, le 10 juin, donc après cette signature, le romancier revient sur cet état de "délivrance": "Cela a été pour moi un soulagement de me dépouiller de la sorte de ce qui a été moi-même en des temps révolus. Je n'ai plus besoin de ces livres, de ces documents. Au contraire, leur vue provoquait chez moi une certaine irritation. […] Je venais de tirer un trait sur mon passé littéraire." 
Enfin, en date du 3 décembre 1978, dans Les libertés qu'il nous reste, Simenon revient encore une fois sur le sujet: "A cause du legs que j'ai fait à l'Université de Liège […], j'ai eu l'occasion de jeter un coup d'œil sur les listes des titres des ouvrages que j'ai écrits. J'ose à peine avouer ma réaction. […] Au lieu de me réjouir des milliers et des milliers de pages écrites pendant cinquante ans, j'en ai été presque effrayé. […] Cela en valait-il la peine ? J'aime mieux ne pas me poser la question car j'aurais peur de devoir lui donner une réponse négative. Peu importe, d'ailleurs. Ces manuscrits, ces livres, c'est presque la plus grande partie de ce que j'ai vécu et je ne le regrette donc pas. 
Sincérité, sérénité de l'homme devenu vieux, en attendant la "délivrance finale"… ?  Il ne le sait pas encore, mais, un peu plus d'un an plus tard, il reprendra son "métier" pour écrire ses volumineuses Mémoires intimes… auxquelles chacun est libre, d'ailleurs, de préférer son œuvre fictionnelle…  

Murielle Wenger

1 commento:

  1. una fondazione che sarebbe da visitare,spero di riuscirci un giuorno

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