martedì 28 giugno 2016

SIMENON SIMENON. LES LANGUES DE SIMENON/1 STATISTIQUES

Les traductions de l'œuvre de Simenon selon les statistiques de l'Unesco


SIMENON SIMENON. LE LINGUE DI SIMENON/1 – STATISTICHE
Le traduzioni dell'opera di Simenon secondo le statistiche del'Unesco 
SIMENON SIMENON. THE LANGUAGES OF SIMENON/1 – STATISTICS
The translations of Simenon's works according to the statistics from UNESCO 
"Je suis heureux quand j'apprends qu'on me lit, dans le désert asiatique, sous des tentes entourées de chameaux, comme à Pékin ou dans n'importe quelle petite république de l'Amérique du Sud." (Simenon, dans la dictée "De la cave au grenier")
Dans l'avalanche de chiffres qu'on cite périodiquement à propos de Simenon, revient souvent la mention du nombre impressionnant de langues dans lesquelles il a été traduit. Il n'y a pas de chiffre officiellement établi, mais on évoque en général une cinquantaine de langues. La source la plus souvent référencée est celle de l'Unesco.
En 1932, l'Institut International de coopération intellectuelle, issu de la Société des Nations, décida d'établir un répertoire des traductions publiées dans différentes langues. Le premier fascicule de ce répertoire, baptisé Index translationum, sortit au mois de juillet, et il contenait la liste des traductions parues en allemand, espagnol, anglais, français et italien. On trouvait, parmi les auteurs les plus traduits, surtout des anglophones (Edgar Wallace, Jack London, Shakespeare, Somerset Maugham), mais aussi Goethe, Balzac, Alexandre Dumas, Victor Hugo, Homère, Virgile, la Bible et Lénine… Une année plus tard, l'Index élargissait ses recherches à d'autres langues: danois, hongrois, norvégien, polonais, suédois, tchèque et russe (et en 1936 roumain), Parmi les auteurs les plus traduits en 1933, on retrouvait un peu les mêmes qu'en 1932, avec en tête Edgar Wallace. Le premier auteur francophone était Dumas, et pour la première fois apparaissait le nom de Simenon, talonné par Agatha Christie et Victor Hugo. En 1946, L'Index fut repris par l'Unesco, qui en publiait, bon an mal an, plus ou moins régulièrement un fascicule. On trouve ces fascicules archivés dans les bibliothèques nationales, et, depuis 1979, l'Index a été numérisé et il est consultable en ligne: http://www.unesco.org/xtrans/bsstatlist.aspx?lg=1.
Au cours des années, Simenon s'est retrouvé régulièrement dans le "peloton de tête" de cet Index, parmi les vingt auteurs les plus traduits, et souvent dans les trois premiers auteurs francophones. En 1957, par exemple, Jules Verne a connu 121 traductions, Simenon 67 et Dumas 60, alors que Agatha Christie en a eu 76; en 1968, Simenon (124 traductions) s'est classé en 4ème position, juste derrière Jules Verne (133) et Shakespeare (134), le premier rang étant occupé, depuis des années, par les écrits de Lénine… Simenon est resté régulièrement dans les premiers rangs, avec un nombre de traductions qui dépassaient toujours la centaine, même s'il s'y ajoutait, selon les années, d'autres noms: Marx ou Enid Blyton, tandis qu'Agatha Christie "trustait" souvent les plus hautes marches du podium…
Depuis les années 2000, Simenon est toujours dans le "top 20": en 2004 il était au le 18e rang, le premier étant occupé par les traductions des livres issus des œuvres de Walt Disney, le deuxième par Agatha Christie, le troisième par la Bible, le quatrième par Jules Verne, le cinquième par Lénine, puis pour les suivants Enid Blyton, Barbara Cartland, Shakespeare, Andersen, Danielle Steel, les frères Grimm, Stephen King et Dumas. Au 20e rang, on trouvait Conan Doyle, juste avant René Goscinny. Cette configuration est restée stable par la suite, avec parfois des rocades, ou des auteurs qui regagnaient quelques rangs (Mark Twain ou Dostoïevski). Simenon est arrivé en 17e position en 2013, un rang qu'il occupe toujours aujourd'hui, restant le troisième auteur de langue française le plus traduit, après Jules Verne et Alexandre Dumas, et c'est d'autant plus remarquable qu'il n'y a aucun autre auteur francophone du 20e siècle (à part Goscinny et son indémodable Astérix…) dans le "top 50"… Si les chiffres ne disent pas tout, ils sont cependant un bon indice sur "l'universalité" de l'auteur…
Comme on peut s'en douter, l'œuvre simenonienne est connue dans le monde d'abord par les romans Maigret, dont nous évoquerons les premières traductions la semaine prochaine, dans la deuxième partie de ce billet. 

Murielle Wenger

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