sabato 20 agosto 2016

SIMENON SIMENON. SIMENON, MAIGRET ET LES FILLES EN BLEU…

Quelques considérations sur la couleur bleue et la vision de la femme dans les romans Maigret 

SIMENON SIMENON. SIMENON, MAIGRET AND GIRLS IN BLUE… 
A few comments on the color blue and insights into women in the Maigret novels  
SIMENON SIMENON. SIMENON, MAIGRET E LE RAGAZZE IN BLU… 
Alcune considerazioni sul colore blu e la visione su la donna nei romanzi Maigret 
Dans les romans de Simenon, la couleur des choses joue toujours un rôle important, que ce soit dans la description des décors ou des personnages. Mais c'est aussi vrai sur le plan symbolique, et la teinte de l'habillement des protagonistes n'est jamais anodine sous la plume du romancier. 
Le bleu, par exemple, prend une signification particulière quand il est associé à certains vêtements féminins. L'étude pourrait probablement se faire aussi pour les "romans durs", mais nous nous contenterons ici de prendre nos exemples dans les romans Maigret.
On trouve tout d'abord un très grand nombre de peignoirs bleus, souvent ouverts sur d'attirantes formes que Maigret devine et qui ne le laissent pas indifférent… Le thème de la "femme nue au peignoir bleu" fait partie des fantasmes simenoniens, comme le rappellent fort bien Christian Libens et Michel Carly dans leur tout récent et magnifique ouvrage La Belgique de SimenonAinsi, les auteurs mentionnent ltexte autobiographique Je me souviens, dans lequel Simenon raconte sa première vision enfantine du mystère féminin, celle de cette femme aux mœurs libres logeant rue de la Commune, "en peignoir de soie bleu pâle […]. Ses seins sont les premiers que j'aie entrevus et je me souviens de ses cuisses, quand le peignoir s'entrouvrait". Comme le disent Libens et Carly, cette vision va hanter, en multiples déclinaisons, toute l'œuvre simenonienne. Ils donnent plusieurs exemples dans leur ouvrage, auquel nous renvoyons. Pour notre part, nous nous concentrerons sur les romans maigretiens, où on va trouver également à de maintes reprises ces nudités entrevues dans l'échancrure de peignoirs, et Maigret, quoi qu'on en dise, y porte toujours un regard de connaisseur… Les peignoirs en question, s'ils sont parfois d'une autre couleur, sont néanmoins le plus souvent de teinte bleue, et certains révèlent des formes plus aguichantes que d'autres, comme celui de Potsi dans Cécile est morte, "une jeune fille bien en chair qu'un peignoir bleu pâle rendait encore plus appétissante". On se souviendra aussi de "Sylvie aux seins nus", comme l'évoque Maigret dans Liberty Bar, et que le commissaire a découverte nue sous son peignoir… 
On trouve encore une sorte de déclinaison du peignoir, mais en version plus "soft", où la séduction se cache sous un aspect "virginal" qui n'en est pas moins attirant pour Maigret: c'est le tailleur bleu, sur une blouse blanche qui laisse deviner les formes arrondies de la gorge, porté par une jeune fille, coiffée souvent d'un petit chapeau rouge sur des cheveux blonds… Quelques exemples: Beetje dans Un crime en Hollande"elle portait un tailleur bleu et sa poitrine était plus aguichante que jamais sous un chemisier de soie blanche", ou Sylvie (encore elle !) dans Liberty Bar: "dans un costume tailleur bleu marine […] Un chemisier de soie blanche rendait vraiment désirables de petits seins tremblants"; ou encore Francine dans On ne tue pas les pauvres types, vêtue d'un tailleur "bleu marine, sous lequel elle portait un chemisier de toile blanche. […] avec des cheveux blonds frisés qu'un drôle de petit chapeau rouge mettait en valeur, une poitrine rebondie et haut placée.". 
Mais le bleu a parfois une toute autre connotation, celle des souvenirs d'enfance, et d'une image idéalisée de la figure maternelle. C'est alors le bleu des tabliers, symbole de la femme au fourneau, et on trouve plusieurs exemples de ces femmes en tablier bleu, souvent des servantes, mais parfois aussi Mme Maigret elle-même… Ainsi, le souvenir d'une tante de Maigret, "en tablier à carreaux bleus, […] les cheveux relevés en chignon sur la tête" (Maigret à l'école), ou celui de la mère du commissaire, qui portait un tablier bleu (voir le chapitre 5 de Maigret et le voleur paresseux).  
Enfin, quatrième aspect du bleu, celui symbolique d'une certaine innocence, et représenté dans les romans par le bleu d'une robe, soit portée par Mme Maigret, soit par des jeunes filles qui sont en même temps d'innocentes victimes sacrifiées au meurtre. C'est sous la vision d'une "jeune fille en bleu pâle" que Mme Maigret apparaît pour la première fois au jeune Maigret (voir Les mémoires de Maigret), et c'est dans une robe en taffetas bleu que pour la première fois, Mme Maigret ose poser sa main sur le bras de son "fiancé" (voir Les scrupules de Maigret). Louise Laboine, l'attachante victime dans Maigret et la jeune morte, offre la vision d'une "robe en satin bleu pâle", et la jeune fille, dernière victime de Moncin, par meurtrier interposé, dans Maigret tend un piège, porte une robe "en tulle bleu ciel". 
Il y aurait encore sans doute beaucoup à dire à propos de ce "bleu femme" dans les romans, mais les quelques exemples que nous avons mentionnés donneront, nous l'espérons, un aperçu de l'importance de la symbolique des couleurs dans l'œuvre simenonienne…  

Murielle Wenger 

1 commento:

Andrea Franco ha detto...

la deuxieme nouvelle de la recueil le peit docteur s intitule aussi La demoiselle en bleu pâle