lunedì 1 agosto 2016

SIMENON SIMENON. MAIGRET REVIENT… AVEC SA PIPE

Les débuts de Maigret aux Presses de la Cité 

SIMENON SIMENON. MAIGRET RETURNS… WITH HIS PIPE 
Maigret's beginnings at the Presses de la Cité 
SIMENON SIMENON. MAIGRET TORNA… CON LA SUA PIPA 
Gli inizi di Maigret a le Presses de la Cité 

Si 1945 est une année charnière pour Simenon, c'en est une aussi pour Maigret. Le romancier, de retour à Paris après son long "exil" vendéen, ne songe plus qu'à une chose: quitter la vieille Europe et s'embarquer enfin pour l'Amérique, synonyme pour lui, à ce moment-là, de liberté et de vie nouvelle. En attendant les papiers nécessaires, Simenon s'installe en juin à l'hôtel, rue de Turenne, non loin de la mythiquement simenonienne place des Vosges. Dans une sorte d'adieu symbolique, il rédige une nouvelle mettant en scène son commissaire, pour qui il n'a plus écrit depuis 1943 (L'inspecteur Cadavre), et c'est peut-être avec une certaine nostalgie qu'il rédige ce texte, ne sachant probablement pas encore ce qu'il en adviendra, car il n'a pas de projet précis, ou du moins pas pour son héros: ce qui est sûr, c'est qu'il veut quitter son éditeur, Gallimard, et il a déjà noué des contacts avec Sven Nielsen. Nous conjecturons (dans l'attente un jour de la publication de la correspondance du romancier…), mais on peut imaginer que pour Simenon, ce changement d'éditeur se fait surtout en vue de la rédaction de "romans durs", et probablement pas particulièrement des Maigret. Conquérir un nouveau marché, avec l'Amérique dans le viseur, cela ne va pas se faire sous l'étiquette "polar"… Même si, en réalité, c'est surtout par les Maigret qu'il est connu aux USA, puisqu'il a fallu attendre les années '40 pour que ses premiers "romans durs" y soient traduits et publiés. Pour la France, il est devenu un poulain de l'écurie Gallimard depuis les années '30, bien que son éditeur ait réussi à lui arracher quelques Maigret. Mais il ne faut pas se leurrer: Nielsen, probablement autant que Gallimard, devait se rendre compte que les Maigret pouvaient toujours faire de meilleurs tirages que les autres œuvres simenoniennes, et sans doute espérait-il lui aussi profiter de cette manne bienvenue pour sa jeune maison d'édition… 
Nielsen a-t-il dû insister auprès de Simenon pour qu'il lui fournisse des Maigret ? Après la parution de Je me souviens en 1945, de Trois chambres à Manhattan en 1946, et de Au bout du rouleau en mai 1947, il était temps que Maigret fasse lui aussi son entrée aux Presses de la Cité. Heureusement, Simenon, peut-être à son corps défendant, a emmené avec lui le souvenir de son commissaire, et il n'a pas pu s'empêcher de lui faire découvrir à son tour l'american way of life, dans Maigret à New York, rédigé en mars 1946. Pour faire bonne mesure, on décide de publier, en juillet 1947, coup sur coup deux volumes mettant en scène le héros: celui que nous venons de citer, et un autre qui contient deux textes, que Simenon retrouve dans ses cartons, celui de la nouvelle écrite rue de Turenne, et un roman, Maigret se fâche 
Ce dernier a une histoire particulière: Pierre Lazareff, que Simenon connaît de longue date, vient de prendre en 1945 la direction de France-Soir, et il demande à son ami de lui écrire un roman pour son journal. Avant son départ pour Londres, Simenon fait une dernière escapade, au début août, dans un de ses lieux chéris de France, à Morsang (plus précisément à Saint-Fargeau-Ponthierry, selon les recherches des simenoniens), lieu de mémoire, chargé du souvenir des premiers Maigret, mais aussi décor de bien des romans… C'est là qu'il rédige Maigret se fâche, dont une partie de l'action se déroule à Orsenne, un nom de lieu inventé par l'auteur, et dans lequel Michel Lemoine voit un jeu de mots, une sorte de contraction entre "Morsang" et "Seineport". Ce court roman met en scène un Maigret à la retraite, comme pour bien marquer qu'il s'agit là de la "dernière" enquête racontée par Simenon (un peu dans le même esprit qu'il avait rédigé naguère le dernier roman pour Fayard, Maigret), et on peut supposer qu'à ce moment-là, le romancier imaginait qu'il s'agissait d'une commande réservée à la parution en feuilleton, sans avenir éditorial… Ce n'est que lorsque Nielsen insistera pour faire "renaître" Maigret dans une nouvelle collection en volumes que Simenon reprendra ce texte, pour compléter le livre où doit paraître La pipe de Maigret. Etrangement, c'est le titre de la nouvelle qui va donner son nom au volume, et pas le roman. Mais n'est-ce pas tout un symbole de voir Maigret revenir à l'édition, prendre un nouveau départ pour une plus longue carrière que celle qu'il a connue jusque-là, avec cet objet indispensable de son personnage… ? 

Murielle Wenger

1 commento:

Andrea Franco ha detto...

da rimarcare che Maigret se fâche venne tradotto da Mondadori come la collera di maigret e poi da adelphi con la furia di maigret e non è da confondere con il successivo La colère de Maigret(1963)pubblicato dai due editori rispettivamente con i titoli di Maigret e l'affare strip-tease e maigret perde le staffe