martedì 19 febbraio 2019

SIMENON SIMENON. QUAND LE ROMANCIER ET SON HEROS PASSAIENT À TABLE…

Quelques parallèles culinaires et gastronomiques entre Simenon et Maigret 

SIMENON SIMENON. QUANDO IL ROMANZIERE E IL SUO EROE ANDAVANO A TAVOLA... 
Alcuni paralleli culinari e gastronomici tra Simenon e Maigret 
SIMENON SIMENON. WHEN THE NOVELIST AND HIS HERO WERE SITTING DOWN TO EAT… 
Some culinary and gastronomic parallels between Simenon and Maigret


En 1974, Robert Courtine, célèbre critique gastronomique, publiait Le Cahier de recettes de Madame Maigret, dans lequel il listait les menus mangés par le commissaire lors de ses enquêtes. Courtine imaginait que Louise Maigret avait collé dans un cahier les recettes héritées de sa famille alsacienne, mais aussi celles que lui avait données son amie Mme Pardon.  
Dans sa Dictée Un banc au soleil, Simenon parlait de la parution de cet ouvrage, et cela lui donnait l'occasion d'évoquer les souvenirs culinaires de son enfance, qui se répartissaient entre la cuisine côté paternel (biftecks, petits pois et frites) et la cuisine côté maternel (potées au lard et légumes, ragoûts mijotés). «J'appréciais ces expériences culinaires et, si je n'étais pas gourmet, j'étais déjà gourmand»écrit le mémorialiste.  
Les expériences culinaires du jeune Georges trouvèrent un développement lors de son arrivée à Parissa découverte des bistrots de quartiers, sa faim devant les étalages, il les transmit à Maigret lui-même, et les romans de la saga furent parsemés de ces réminiscences gastronomiques. Toujours dans la même dictée, Simenon se souvenait: «Lorsque je suis arrivé à Paris, je n'ai pas tardé à découvrir de petits restaurants […] qui s'appelaient des restaurants de cochers. […] N'y allaient guère que les habitués […] gens comme moi qui aimaient une nourriture simple et non sophistiquée, préparée par la patronne. Le comptoir était en véritable étain, où l'on servait le vin qui provenait de chez le frère, le cousin, ou le beau-frère du tenancier […]. Le menu, qui ne comportait qu'un seul plat principal […] était écrit sur une ardoise, à la craie. […] C'est probablement de cette période-là que j'ai gardé le goût des andouillettes grillées, celui des ragoûts et du bœuf en daube, du fricandeau à l'oseille, de presque tous les plats, je l'avoue, que j'ai imposés par la suite à mon brave Maigret.» 
Le commissaire est, sans aucun doute, un amateur de plats simples et roboratifs. Néanmoins, il faudra un certain temps à Maigret pour devenir réellement un gastronome. Dans les romans de la période Fayard, à quelques exceptions près, il se contente le plus souvent d'avaler un sandwich, et quand, rarement, on le voit s'attabler, ce qu'il mange n'est qu'anecdotique, et la scène de repas n'a d'autre fonction que de présenter le commissaire en train de se sustenter. 
On peut dire qu'un premier tournant a lieu avec les romans écrits pour Gallimard, un tournant inauguré par la fameuse scène du dîner à La Coupole dans Les Caves du Majestic. Petit à petit, on va voir le commissaire prendre le temps de savourer un repas, comme cette choucroute dans une brasserie, dégustée avec une «jouissance grassement épicurienne» dans Signé Picpus. 
Grâce au succès de ses romans, Simenon put commencer à fréquenter les restaurants huppés de la capitale, et passer du régime pain-camembert à des nourritures plus raffinées. Il goûta à toutes les cuisines de France et d'ailleurs, puis, à son installation en Suisse, il put engager un chef cuisinier. Parallèlement, il dota son commissaire d'un appétit plus raffiné. Maigret se mit à faire des haltes plus fréquentes dans les restaurants et à apprécier ces menus favoris qu'on lui connaît 
Mais ce qu'il faut noter, c'est le rôle essentiel qu'a joué Mme Maigret dans ce rapport du commissaire à la nourriture. Dès le moment où le romancier s'est mis à accorder davantage d'importance, dans les romans, à Mme Maigret, les scènes de repas pris au domicile du boulevard Richard-Lenoir sont devenues plus fréquentes, et les menus préparés par Louise ont pris une place essentielle. Maigret s'est mis à manger non seulement pour sustenter son gros corps, mais il a appris à partager la tendresse d'un bon repas mitonné avec amour par sa femme, à savourer ces moments d'échange et de complicité, comme autant d'instants de trêve dans ses enquêtes, de haltes nécessaires au repos du corps et de l'esprit, comme un indispensable ressourcement… 

Murielle Wenger 

1 commento:

Andrea Franco ha detto...

Courtine ha scritto anche il racconto "pasticheuse" Maigret au Fouquet's