mercoledì 12 settembre 2012

SIMENON. E SE MAIGRET SI FOSSE FERMATO NEL 1934?


Questa volta la nostra attachèe Murielle Wenger ci pone un interrogativo fondato su un'ipotesi nient'affatto improbabile e che suscita una serie di riflessioni





Et si tout s'était arrêté en 1934 ? - 19 janvier 1934. Les lecteurs du quotidien Le Jour peuvent découvrir une annonce sur la parution prochaine (soit pour le 20 février), d'une nouvelle enquête de Maigret. L'annonce est accompagnée d'un texte de Simenon, dans lequel il s'explique sur la reprise de son personnage, qu'il pensait avoir abandonné avec sa mise à la retraite dans L'Ecluse no 1. Sollicité par le rédacteur du quotidien, et par de nombreuses lettres de lecteurs déçus par la mise au rencart du commissaire à la pipe, l'auteur a accepté de faire revivre une nouvelle aventure à son personnage, mais ce sera la dernière, dit-il, en en faisant le serment.
Et si Simenon avait tenu parole ? Voilà une question qui peut sembler quelque peu oiseuse, mais je m'amuse à la poser, comme point de départ à quelques réflexions.
Et si donc Maigret n'avait connu que les enquêtes de la période Fayard, que serait-il advenu ? Qu'y aurait-on perdu ? Et qui y aurait perdu ?
Simenon lui-même ? Certes, le romancier avait assez de ressources – et il l'a prouvé par la suite – pour écrire autre chose que des romans policiers. Sa notoriété aurait très bien se passer de Maigret pour s'établir sur ses autres écrits. Tout au plus y aurait-il perdu une sorte de "compagnon de vie", à qui il a pu donner certaines de ses propres aspirations, de ses propres ressentis, et s'il a gardé le personnage, c'est peut-être, comme il l'a dit, pour écrire des "romans délassants", entre deux romans durs. Mais c'est aussi pour faire passer à travers un roman de Maigret des sujets qu'il n'arrivait pas aborder dans les autres romans. C'est sa relation au personnage lui-même qui explique pourquoi il ne l'a jamais lâché: au départ, Maigret est un monsieur d'environ 45 ans, décrit par un jeune homme dans la trentaine, avec une certaine distance, mais où on sent déjà poindre un attachement pour le personnage. Mais à ce moment-là, rien n'est joué, et le romancier a en réserve d'autres héros, qu'il mettra au devant de la scène si nécessaire... Ce n'est qu'une fois le succès établi qu'il se décide pour Maigret, et encore... Il faut attendre les Presses de la Cité (nous reparlerons de l'intermède Gallimard plus loin) pour voir l'auteur se rapprocher de son personnage: il faut dire que Simenon a atteint, lui aussi, la quarantaine, et que pour décrire Maigret, il peut s'appuyer sur sa propre expérience de vie. C'est donc avec un autre point de vue qu'il peut considérer son commissaire, et lui donner plus de choses de lui-même: son affection pour les "petites gens", son appétit de la vie, de la bonne chère et de la lumière du petit matin parisien...
Et Maigret lui-même, y aurait-il perdu de s'arrêter de vivre en 1934 ? Et, par devers lui, les lecteurs ? Certainement. D'abord, le personnage serait resté ce bloc monolithique qu'il était dans la période Fayard. Attachant certes, atypique déjà, et suffisamment passionnant pour connaître dès lors le succès après ces dix-neuf romans. Dans ces romans d'avant-guerre, est déjà contenu ce qui fait l'essentiel du personnage: sa façon de mener une enquête, son empathie, mais il manque encore bon nombre de détails qui vont l'affiner, au propre et au figuré, qui vont lui donner de la profondeur, de l'humanité: d'une part, ses caractéristiques propres: sa façon de "humer" la vie, de jouir de toutes les sensations, odeurs et couleurs; d'autre part, son entourage: c'est Mme Maigret qui va prendre une place de plus en plus importante, surtout dans le cycle Presses de la Cité; mais c'est aussi la relation avec ses inspecteurs, et avec d'autres personnages (comme le Dr Pardon, par exemple), qui prennent du corps, et tout cela fait que les lecteurs vont de plus en plus s'attacher à ce personnage, qui semble jaillir du papier pour devenir un être de chair...
Et si Simenon avait définitivement abandonné son personnage en 1934, les lecteurs n'auraient pas connu les six romans de la période Gallimard, cette période intermédiaire, mais néanmoins essentielle pour la vie du commissaire: d'abord, cette étape a sans doute été nécessaire pour le romancier dans sa relation à son personnage, pour l'incliner à reprendre celui-ci après son serment de ne plus y toucher... Certes, il y a eu les nouvelles, commandées par divers journaux d'avant-guerre, mais celles-ci ressemblaient plus à un jeu, à un amusement auquel Simenon se livrait entre deux romans destinés à la sérieuse maison Gallimard. Mais le romancier aurait tout aussi bien peu en rester là. On a dit que c'est Gaston Gallimard lui-même qui a poussé Simenon à reprendre son personnage, dont, en éditeur avisé, il connaissait le potentiel en terme de rentrées financières. Simenon aurait tout aussi bien pu refuser: il a toujours su ce qu'il voulait et imposer ses conditions... On a l'impression, en lisant les six romans de la période Fayard, que la vision que l'auteur a de son personnage est en train de changer: ces romans ont un certain ton de légèreté, une dose d'humour bien plus marquée que dans la période Fayard, et Simenon regarde Maigret d'un œil différent, réjoui, et bientôt c'est une certaine tendresse qui va prendre le devant avec la période Presses de la Cité... Peut-être faut-il voir aussi, dans ces romans, un reflet de la période historique traversée par le romancier à ce moment-là: cette étape intermédiaire, entre le massif commissaire bougon des années 1930 et l'empathique "raccommodeur de destinées" des années 1950 à 1970, est à l'image de la période d'écriture: entre la période mouvementée de la fin des années folles et de la crise des années 30, et celle des bouleversements socio-économiques d'après-guerre, les années 40 sont marquées par l'Histoire, mais sont en même temps comme une étape, de "mise en veilleuse", d'attente de jours meilleurs, et peut-être Maigret a-t-il été pour Simenon, à ce moment-là, une sorte d'"échappée lumineuse", de refuge, une forme de légèreté dans un monde gris et glauque pris dans un conflit dont personne n'est sorti indemne... (Murielle Wenger)



                                  19 gennaio 1934. I lettori del quotidiano Le Jour possono leggere l'annuncio sulla prossima pubblicazione (per il 20 febbraio successivo) di un racconto di Maigret. L'annuncio è accompagnato da una nota di Simenon il quale spiega il ritorno del suo commissario, che aveva pensato di abbandonare in occasione della sua andata in pensione, nell'indagine L'Ecluse n°1.
Sollecitato dal direttore del quotidiano e da numerosi messaggi di lettori, delusi per l'accantonamento e del commissario con la pipa, l'autore aveva accettato di far rivivere una nuova avventura al suo personaggio, ma questa volta sarebbe stata l'ultima, facendone di ciò una sorta di giuramento.
E se Simenon avesse tenuto fede a quella promessa? Forse questa può sembrare una domanda un po' oziosa, ma mi piace porla come punto di partenza per una serie di riflessioni.
E se quindi Maigret non avesse conosciuto altro che il periodo delle edizioni Fayard, cosa sarebbe successo? Cosa ci saremmo persi? E chi avrebbe perso?
Simenon in prima persona? Certo il romanziere era dotato di sufficienti risorse - e l'ha poi ampiamente dimostrato - per scrivere altre cose che romanzi polizieschi. La sua notorietà avrebbe tranquillamente fatto a meno dei Maigret e per arrivare da altre opere. Tutt'al più avrebbe perduto un "compagno di strada" al quale ha potuto trasferire alcune delle proprie aspirazioni, delle proprie considerazioni, e se ha voluto conservare questo personaggio può darsi, come lui stesso ha detto, sia stato "...per scrivere dei romanzi rilassanti tra due romans-durs...". Ma anche per comunicare attraverso un romanzo di Maigret degli argomenti che non avrebbe potuto toccare negli altri romanzi. E' il suo rapporto con il personaggio, stesso che spiega il perchè: all'inizio Maigret era un signore di circa 45 anni, descritto da un giovane uomo sulla trentina, quindi con una certa distanza, ma già si sente nascere un certo attaccamento per il personaggio. Ma in quel momento nulla è ancora deciso, il romanziere ha come riserva altri personaggi che potrebbe mettere in scena, se fosse necessario... E' soltanto al momento del sucesso di Maigret che arriva la decisione e ancora... Occorre attendere la Presses de La Cité (parleremo dell'intermezzo di Gallimard più avanti), per vedere l'autore riavvicinarsi al suo personaggio. A questo punto va ricordato che anche Simenon a quel momento ha raggiunto la quarantina e per descrivere Maigret può avvalersi delle esperienze della propria vita. E' dunque con un altro punto di vista che può considerare il suo commissario e può dargli qualcosa di sé stesso: il suo affetto per la "povera gente", il suo appetito per le vita, per il buon cibo e per la prima luce dell'alba parigina.
E lo stesso Maigret ci avrebbe perduto a fermare la sua avventura nel 1934? E all'inverso, i suoi letori? Sicuramente. Prima di tutto questo personaggio sarebbe rimasto prigioniero di questo blocco monolitico che fu il periodo Fayard.  Attraente certo, già atipico, e sufficientemente appassionante per conoscere fin da allora il successo, dopo questi diciannove romanzi. Nei romanzi dell'ante-guerra c'è già tutto quello d'essenziale che definisce il personaggio: il suo modo di condurre un'inchiesta, la sua empatia, ma manca ancora un buon numero di dettagli che andranno a definirlo meglio, che gli confriranno più spessore e più umanità. Da un parte le sue caratteristiche originali: il modo di "respirare la vita", di gioire con tutti i sensi, per gli odori, per i colori; d'altra parte il suo entourage, c'è M.me Maigret che assumerà un ruolo sempre più importante, soprattutto nel ciclo di Presses de La Cité; ma anche il rapporto con i suoi ispettori  e anche con altri personaggi (come il dottor Pardon, per esempio), che prendono corpo e tutto questo spinge sempre più i lettori ad affezionarsi al personaggio che sembra così uscire dalle pagine dei libri per divenire un essere in carne ed ossa...
E se Simenon avesse definitivamente abbandonato il suo personaggio nel 1934, i lettori non avrebbero mai conosciuto i sei romanzi del periodo Gallimard, un intervallo di tempo intermedio, per altro nondimeno essenziale per la vita del commissario: inannzitutto questa tappa è stata necessaria al romanziere nel suo rapporto con il suo personaggio, per poterlo riprendere di traverso dopo il suo "giuramento" di non scriverne più... Certo ci sono i racconti, commissionati da diversi giornali ante-guerra, ma quelli sembrano più un gioco e un divertimento che Simenon si concedeva tra due romanzi destinata alla prestigiosa maison Gallimard. Ma il romanziere avrebbe potuto continuare a scrivere per questa. Si è detto che è stato Gaston Gallimard in persona a fare pressioni affinchè Simenon riprendesse a scrivere le inchieste del commissario di cui, da editore esperto, sapeva le potenzialità in termini di guadagno. E Simenon avrebbe poto benissimo rifiutare. Ha sempre saputo cosa voleva ed è sempre riuscito ad imporre le sue condizioni... Leggendo i sei romanzi del periodo Gallimard, si ha l'impressione che la visione dell'autore nei confronti del prorio personaggio vada cambiando: questi romanzi hanno un tono di leggerezza, una dose di humor molto più evidenti di quelli publicati da Fayard e Simenon guarda Maigret con un occhio diverso, rinnovato e con una certa tenerezza che ritroveremo anche nel periodo Presses de La Cité... Forse si può intravedere in questi romanzi il riflesso del periodo storico attraversato dal romanziere in quel momento, un tappa intermedia tra il massiccio commissario burbero degli anni '30 e l'empatico "accomodatore dei destini" degli anni '50 e '70. La scrittura come specchio del tempo: dal periodo movimentato tra la fine degli anni folli e la crisi degli anni '30 e quello dei rivoluzionamenti socio-economici del dopo-guerra, gli anni 40 sono caratterizzati dalla Storia, ma sono al contempo come una "sospensione temporale" in attesa di giorni migliori e forse per Maigret, ma può valere anche per Simenon, costituire una sorta di rifugio, una forma di leggerezza in un mondo grigio e oscuro, vittima di un conflitto da cui nessuno è uscito indenne.(Murielle Wenger)

2 commenti:

Andrea Franco ha detto...

sono d accordo nel definire atipici i racconti usciti nella seconda metà degli anni 30(quelli che usciranno il 9 ottobre nel libro "rue pigalle e altri racconti").effettivamente maigret è irriconoscibile,la struttura narrativa assomiglia molto a quella schematica della serie dei "treize"(coupables,enigmes,mysteres).cosa pensate abbia voluto significare simenon quando li scrisse ?

Andrea Franco ha detto...

addirittura in un paio di racconti azzardo che se trovassimno scritto anziche maigret G7(al di là del fatto che questa serie è scritta in prima persona),giudice froget o joseph leborgne non ci accorgeremmo della differenza