martedì 18 ottobre 2016

SIMENON SIMENON. COMMENT OUVRIR LA PORTE DE LA NRF…

Les étapes de la rencontre entre Simenon et Gallimard 

SIMENON SIMENON. COME APRIRE LA PORTA DELLA NRF... 
Le tappe dell'incontro tra Simenon e Gallimard  
SIMENON SIMENON. HOW TO OPEN THE DOOR OF THE NRF... 
The stages of the meeting between Simenon and Gallimard 

  
C'est un long chemin qui a mené à la signature, en octobre 1933, du premier contrat de Simenon avec Gallimard, lui ouvrant enfin la porte de la prestigieuse maison d'édition… Avant ce premier contact entre les deux hommes, Simenon a déjà eu affaire indirectement à l'éditeur. En effet, en 1929, Georges Sim signe une première nouvelle pour l'hebdomadaire Détective, que Gallimard vient de racheter sur les conseils de Joseph Kessel. Le journal s'est assuré la collaboration de plumes prestigieuses, comme Pierre Mac Orlan, Albert Londres, Marcel Achard, Jean Cocteau ou… SimenonCelui-ci a été sollicité parce qu'à cette époque, il est déjà connu comme un prolifique fournisseur de contes pour les journaux, dans de nombreux magazines "coquins", mais aussi, dans un autre genre, Le Matin ou L'Aventure. Pourquoi ne pas s'essayer au récit policier, dont il a déjà tâté dans quelques romans sous pseudonymes ? Pendant l'hiver 1928-1929, alors qu'installé place des Vosges il attend la fin de la construction de l'OstrogothSimenon rédige une première série de nouvelles, Les treize mystères; une deuxième série, Les treize énigmes, et une troisième, Les treize coupables, sont composées à bord de son bateau, l'une au printemps et l'autre pendant l'hiver 1929-1930. Ces trois séries paraîtront dans Détective entre mars 1929 et juin 1930 
Mais Simenon ne veut pas se cantonner au journal. Lui qui alimente depuis plusieurs années les éditeurs en romans populaires, il n'hésite pas à viser plus haut que Tallandier, Ferenczi ou Fayard. En 1928, il envoie donc à Gallimard deux manuscrits, Le tonnerre de Brest et L'homme à la cigarette, pensant qu'ils pourraient très bien s'intégrer à une nouvelle collection de l'éditeur, "Les chefs-d'œuvre du roman d'aventures", où paraîtront, entre autres, des romans de Dashiell Hammett ou Edgar Wallace. Mais le comité de lecture n'est pas convaincu… Cependant, comme l'écrit Assouline, "la porte de la NRF est entrouverte": en substance, on répond à Simenon que ses manuscrits ne sont pas encore au point, mais qu'on ne doute pas qu'il puisse faire mieux…  
Le romancier va donc devoir encore patienter, et pour le moment, il se contente de continuer à donner ses romans à ses éditeurs habituels. En attendant, le Simenon reporter va apporter sa collaboration à un autre magazine fondé par Gallimard, Voilàdans lequel vont paraître les comptes-rendus de son voyage en Afrique de 1932 et de son tour d'Europe de 1933.  
Mais, au retour de ces voyages, le romancier a mûri. Il a écrit, en avril 1933, L'écluse no 1, qu'il considère, à ce moment-là, comme le dernier tribut de ce qu'il doit à Maigret. Il a déjà réussi à convaincre Fayard de publier une série de romans non-Maigret, et il en écrit encore trois pour cet éditeurLes deux suivants, Le Locataire et Les suicidés, il veut les réserver à un autre but; cette fois, il est bien décidé à quitter Fayard, qui n'a pas compris sa volonté de laisser tomber le roman policier, et il lorgne du côté de Gallimard: la marque de la NRF permettrait au romancier de poser une estampille définitivement littéraire sur son œuvre… Après être entré par la "petite porte" du journalisme et des nouvelles policières, et tenté une première fois de passer le seuil, cette fois, Simenon sent que c'est la bonne… 
Grâce au rédacteur en chef de Voilà, Simenon se retrouve dans le bureau du grand patron. On pourrait l'imaginer intimidé, peu sûr de lui… Il n'en est rien. Désormais "maître de sa production", comme l'écrit Assouline, il se sent en position de force pour négocier, et c'est lui qui pose ses conditions. Gallimard lui propose d'aller déjeuner ensemble dans un restaurant renommé, et de discuter tranquillement des termes du contrat au cours du repas. Simenon refuse: il ne veut pas de "déjeuner d'affaires", mais il exige que la rédaction du contrat ait lieu dans le bureau de Gallimard, dans le temps minimum nécessaire. Et lors du renouvellement de ce contrat, c'est Gallimard qui aura à aller trouver Simenon chez lui. L'éditeur, qui tient à avoir le romancier dans son écurie, finit par se plier à toutes ses exigences, et le contrat est signé le 18 octobre 1933. Vont s'ensuivre près de vingt ans de collaboration entre les deux hommes, de relations avec des hauts et des bas. Gallimard va publier 46 "romans durs" de Simenon, 4 recueils de nouvelles, et il parviendra à convaincre le romancier de reprendre le personnage de Maigret, pour trois volumes, dont un recueil de nouvelles et deux collections de trois romans chacune. Simenon, lui, croit qu'il a réalisé son rêve en entrant chez Gallimard, le rêve d'être parvenu au bon échelon dans la littérature… Mais il ne se sentira jamais à l'aise dans l'atmosphère de la NRF, ayant l'impression de ne pas avoir été reconnu comme il pensait le mériter, et c'est probablement une des raisons qui le feront quitter Gallimard pour entrer aux Presses de la Cité, lorsqu'il décidera d'entamer une vie comme neuve en Amérique: à nouvelle existence, nouvel éditeur…  

Murielle Wenger 

2 commenti:

  1. le tonnerre de brest è l enigme de la marie galante?

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  2. Murielle Wenger18 ottobre 2016 15:54

    "Tonnerre de Brest" est le premier titre de "La femme en deuil", signé Georges Sim.

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