martedì 16 gennaio 2018

SIMENON SIMENON. SIMENON ET LE CINEMA: DU ROMAN AU FILM, UN PARI RISQUE ?

Colloque international à Athènes, les 4 et 5 octobre 2018 

SIMENON SIMENON. SIMENON E IL CINEMA: DAL ROMANZO AL FILM, UNA SCOMESSA RISCHIOSA ? 
Simposio internazionale ad Atene, 4 e 5 ottobre 2018 
SIMENON SIMENON. SIMENON AND CINEMA: FROM NOVEL TO MOVIE, A RISKY BET? 
International symposium in Athens, 4th and 5th of October 2018


Georges Simenon est l’auteur francophone le plus adapté au cinéma et à la télévision. On pense bien sûr aux centaines d’épisodes de «Maigret», en France comme à l’étranger, mais ce sont les adaptations des «romans durs» (c’est-à-dire sans le personnage de Maigret) qui intéressent le plus la critique. En France, depuis Jean Renoir, Henri Decoin, Julien Duvivier ou Marcel Carné, les plus grands réalisateurs ont adapté Simenon. Claude Autant-Lara, Jean Delannoy, Henri Verneuil, Edouard Molinaro, Jean-Pierre Melville et Pierre Granier-Deferre ont aussi tenté l’expérience… Ensuite, Bertrand Tavernier, Claude Chabrol, Serge Gainsbourg et Patrice Leconte se sont emparés de l’œuvre. Enfin, dans les années 2000, Cédric Kahn et récemment Mathieu Amalric (en 2014) ont adapté Simenon avec plus ou moins de succès.  
Il y a en effet un paradoxe Simenon: tout semble évident au début de l’entreprise, et puis les difficultés surviennent. Comment traduire le style de Simenon, «l’atmosphère» bien particulière de ses romans ? En adaptant Simenon, les réalisateurs ou les scénaristes se trouvent souvent confrontés à un travail de récriture dont ils n’avaient pas mesuré l’ampleur. Ils découvrent que chez Georges Simenon, ce sont les personnages qui priment sur l’intrigue, que l’action fait parfois défaut, ou que la confusion des temps est difficile à rendre à l’écran. Patrick Modiano, dont les romans sont difficiles à adapter, confiait ceci à propos de Simenon, romancier qu’il a toujours admiré: «Les livres de Simenon, on se dit que ça va être très facile d’en faire l’adaptation, parce que c’est déjà très cinématographique, tout est en place. Mais au fur et à mesure, on a l’impression que c’est comme du sable, ça vous file entre les doigts, ça prouve qu’il y a un truc très bizarre. C’est comme un chandail dont la laine se défait…» (entretiens avec Judith Louis, Synopsis, N° 1, décembre 2000).  
Adapter Simenon est souvent un pari risqué: sur ce sujet, l’université d’Athènes et l’université de Picardie Jules Verne organisent ainsi un colloque international qui se tiendra à Athènes les 4 et 5 octobre 2018, en collaboration avec l’Institut français d’Athènes. Les participants tenteront d’analyser les rapports entre le roman et le film à travers les nombreuses adaptations au cinéma, mais aussi à la télévision. L’analyse des deux médias devrait permettre d’appréhender les règles qui régissent l’adaptation, mais aussi d’apprécier l’œuvre littéraire de façon différente. En dépit des difficultés rencontrées par les scénaristes et les réalisateurs, on pourra s’interroger sur les raisons pour lesquelles, depuis le début des années trente jusqu’à aujourd’hui, tant de cinéastes ont voulu adapter l’œuvre de Simenon. Il semble qu’aujourd’hui le cinéma et la télévision se sont réparti la tâche: les «romans durs» pour le grand écran et les Maigret s’intégrant plutôt bien aux séries télévisées, comme l’atteste la dernière adaptation britannique avec l’acteur Rowan Alkinson en 2016. Que signifie ce clivage ? Répond-il à des impératifs commerciaux, à des questions de mode  
S’il y a bien deux productions simenoniennes, l’adaptateur est cependant confronté à un univers romanesque et pas seulement à un roman: pour le cinéaste, comment concilier ces deux exigences ? On pourra ainsi s’interroger sur les difficultés d’adapter une œuvre isolée du romancier alors que les lecteurs ont souvent lu plusieurs Simenon… Le cinéaste doit-il tenir compte des attentes d’un lecteur familier du romancier ou au contraire aborder l’œuvre comme si elle était unique ? On en vient au problème de la fidélité au texte, critère récurrent, mais sans doute un peu artificiel. Pour Michel Serceau, la fidélité est en effet «une valeur normative plus qu’un concept» et il convient donc de l’aborder d’une autre manière en considérant l’adaptation «comme un lieu d’échange et de circulation» (in LAdaptation cinématographique des textes littéraires  Théories et lectures, Liège, Editions du CEFAL, 1999). La question de la fidélité et de la trahison est-elle aujourd’hui devenue incongrue comme Frédéric Sabouraud le demande dans un livre paru en 2006 (LAdaptation  Le cinéma a tant besoin dhistoires, Cahiers du cinéma / Scéren CNDP) ? Le problème de la fidélité – qui préoccupe notamment les lecteurs de Simenon – est sans doute un faux débat, mais il constitue tout de même un des critères d’appréciation d’une adaptation cinématographique. Doit-on être fidèle au texte comme Chabrol le préconise ou au contraire fidèle à l’esprit de Simenon selon Tavernier et Leconte ? Enfin, une réflexion peut s’articuler autour de l’intérêt d’aborder une œuvre littéraire en la confrontant à son adaptation cinématographique: dans le cas de Simenon, qu’apporte le visionnage du film à la lecture du roman ? 

Bernard Alavoine 

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