mercoledì 18 aprile 2018

SIMENON SIMENON. CE 18 AVRIL 1952…


Un petit pastiche pour évoquer le souvenir de la visite de Simenon au Quai des Orfèvres 

SIMENON SIMENON. QUESTO 18 APRILE 1952… 
Un piccolo pastiche per evocare il ricordo della visita di Simenon al Quai des Orfèvres 
SIMENON SIMENON THIS 18 OF APRIL, 1952... 
A little pastiche to evoke the memory of Simenon's visit to Quai des Orfèvres 

Le 18 avril 2013 paraissait sur notre blog un texte qui racontait à sa manière la visite de Simenon au Quai des Orfèvres en 1952. Ce texte n'avait paru alors qu'en italien. Aujourd'hui, nous vous le proposons à nouveau, dans une forme un peu remaniée, et surtout dans les trois langues. 

Il 18 aprile 2013 è apparso sul nostro blog un testo che raccontava a modo suo la visita di Simenon al Quai des Orfèvres nel 1952. Questo testo era apparso solo in italiano. Oggi vi lo proponiamo di nuovo, in una forma un po 'rimodellata, e sopratutto nelle tre lingue. 

On April 18, 2013 appeared on our blog a text that told in its way Simenon's visit at Quai des Orfèvres in 1952. Then this text had appeared only in Italian. Today we propose it again, in a slightly modified form, and especially in the three languages. 

                                         *****

10 heures du matin. La fenêtre est ouverte. Une légère brise fait s'agiter les feuilles éparses sur le bureau. Un remorqueur vient de siffler trois fois en passant sous la deuxième arche du pont Saint-Michel. On frappe à la porte, et, sans attendre de réponse, Joseph, le garçon de bureau, entre et dépose sur la table une carte portant le sceau de la ville.  
Maigret, qui somnolait à moitié en ruminant quelques vagues pensées – résultat d'une longue nuit sans sommeil passée à interroger les frères Riotti, de la bande des Corses - , s'ébroue et tend le bras pour avaler un reste de café refroidi. Puis il se lève, se campe devant la fenêtre ouverte, rallume sa pipe, et se retourne pour prendre la carte apportée par Joseph. Ses gros sourcils se froncent, tandis qu'avec une moue grognonne il déchiffre le message: "Monsieur le Préfet de police prie tous les commissionnaires divisionnaires de se libérer, toutes affaires cessantes, le vendredi 18 avril, dès 11h30." 
Maigret jette un coup d'œil au calendrier ouvert sur son bureau, où est inscrit, en épais caractères noirs, le nombre 17. Il n'a pas le temps de piquer une colère, car la sonnerie du rapport vient de retentir. Il empoigne le dossier de l'affaire Riotti, avec l'air de vouloir en assommer quelqu'un, puis se dirige à pas lourds au fond du couloir, où s'ouvre la porte matelassée de vert du directeur de la PJ.  
Ses collègues sont déjà là, et Maigret s'installe sur la dernière chaise libre. Ambiance routinière. Le chef de la Mondaine parle d'une partouze qui a eu lieu au Bois de Boulogne et qui a mal tourné; le fils d'un haut fonctionnaire de ministère serait impliqué. Maigret explique en quelques phrases où il en est avec ses Corses. Bollert, de la Financière, qui vient de rentrer de vacances en famille, a rapporté quelques caisses de calvados qu'il propose à un prix intéressant.  
Le directeur allume une cigarette: c'est le signal de la fin du rapport. Tous se lèvent, et au moment où ils vont sortir, Maigret sort de sa poche la carte du préfet: 
"- A propos, chef, c'est quoi, cette histoire d'invitation du préfet pour demain ?" 
Le directeur souffle une bouffée de fumée dans l'air doré qui filtre à travers le rideau de mousseline blanche.  
" - Réception officielle, avec discours, déjeuner chez Lapérouse, et tout le tremblement… Paraît qu'on ne nous laisse pas le choix, et que c'est, comme dit le préfet, «d'une extrême importance pour la renommée de la police française»… " 
Le petit Costard, des Garnis, aux cheveux roux, demande: 
"- Qui est-ce qu'on reçoit ? Un président de république bananière ? L'ambassadeur de Chine ?" 
"- Mieux que ça", réplique le préfet, "un écrivain célèbre…" 
"- Qu'est-ce qu'on a à voir avec ça, nous ?" interroge Maigret. 
Le directeur a un sourire amusé. Avec un clin d'œil à ses collègues, il répond: 
" – Nous, pas grand-chose, mais vous, mon vieux Maigret, certainement que si…" 
Le commissaire croit comprendre, et, instantanément, il se renfrogne. Evidemment, un écrivain célèbre, la PJ concernée, et lui-même aussi… Il ne peut s'agit que de ce fameux Simenon, qui s'est permis d'utiliser son nom pour écrire des romans policiers… 
"- Je croyais qu'il s'était installé en Amérique. Il veut rentrer en Europe ?" 
Maigret a dit ces derniers mots avec un air si piteux que ses collègues ne peuvent s'empêcher d'éclater de rire.  
"- Non, répond le directeur, il fait juste une grande tournée. Après Paris, il ira à Liège, la ville où il est né. Le préfet a imaginé une grande réception, où on va remettre à Simenon une plaque de commissaire. Le préfet exige votre présence à la réception, et il n'acceptera aucune excuse." 
Maigret éclate: 
"- Il exige… Et l'affaire Riotti, alors ? Est-ce qu'il s'imagine que les interrogatoires vont se faire tout seuls, pendant que je ferai des ronds de jambe à cette fichue réception ?!" 
Le directeur tape amicalement sur l'épaule du commissaire. 
"- Allons, mon vieux, ne vous énervez pas. Soyez raisonnable, faites acte de présence à l'apéritif et au déjeuner, c'est tout ce qu'on vous demande…" 

Il est midi. Maigret est installé à sa table à la Brasserie Dauphine. Il a commandé un Pernod, dont l'odeur anisée se mêle à celle du tabac, qu'il fume à grosses bouffées furieuses. Tout à l'heure, Maigret a bien remarqué que ses collègues sortaient du bureau du directeur en se donnant des coups de coude goguenards. Le commissaire a rejoint son bureau, dont il a claqué la porte violemment. Personne n'a osé le déranger, et, à l'heure de l'apéritif, il est descendu seul le grand escalier poussiéreux.  
Maintenant, dans son coin, il éprouve une rage d'autant plus concentrée qu'elle se mêle, sans qu'il se l'avoue, d'une certaine curiosité… Il aimerait bien, dans le fond, revoir ce Simenon, qui a tant fait parler de lui. Est-ce que le jeune homme autrefois si sûr de lui a changé ? Après tout, Maigret s'en rend compte, ce n'est pas tellement au romancier qu'il en veut, mais à ce préfet de malheur qui dispose de lui avec désinvolture.  
Maigret se lève pesamment, quitte la Brasserie en saluant le patron, puis, les mains dans les poches, il se dirige à pied vers le Boulevard Richard-Lenoir. L'air sent bon le printemps, et déjà les premières feuilles des marronniers ponctuent de vert tendre l'azuré du ciel.  
Oh, et puis zut ! Il en a marre de ressasser des pensées plus ou moins maussades… Il ira, à leur sacrée réception, il sourira, il déjeunera, il boira, et même…  

Ce matin du 18 avril 1952, quand Mme Maigret ouvrit les rideaux, elle trouva que son mari, au fond de son lit, avait l'air fiévreux… Elle prit sa température, et devant le thermomètre qui étalait triomphalement ses 39°, elle décida de préparer un gros pot de tisane… 

***** 

Ore 10 della mattina. La finestra è aperta. Una leggera brezza scompiglia i fogli sparsi sulla scrivania. Un rimorchiatore fischia tre volte passando sotto il secondo arco del ponte di Saint-Michel. Bussano alla porta, e, senza attendere risposta, Joseph, il segretario, entra e poggia sul tavolo una carta con il sigillo del comune.
Maigret che sonnecchia ruminando qualche vago pensiero  - risultato di una lunga nottata senza sonno, passata ad interrogare i fratelli Riotti della banda dei Corsi -  si stira, allunga il braccio per finire il resto del caffè ormai freddo. Poi si alza, si piazza davanti alla finestra, riaccende la pipa, e si volta per prendere la carta portata da Joseph. Le sue grosse sopracciglia si aggrottano, mentre con un muto bisbiglio decifra  il messaggio. "Il signor Prefetto della polizia prega tutti i commissari divisionali di rendersi disponibili, lasciando tutti gli affari correnti, venerdì 18 aprile alle 11.30."
Maigret dà un colpo d’occhio al calendario aperto sulla sua scrivania dove è scritto, in grossi caratteri neri, il numero 17. Non ha il tempo di arrabbiarsi perché l’avviso sonoro del rapporto quotidiano si fece sentire improvvisamente. Afferrò il dossier dell’affare Riotti con l’aria di voler colpire qualcuno, poi si dirige a passi pesanti verso il fondo del corridoio dove c’é la porta verde imbottita del Direttore della PJ.
I suoi colleghi sono già lì e Maigret si sistema sull’unica sedia libera. Atmosfera routinaria. Il capo della Buon Costume parla di una partouze che si era verificata al Bois de Boulogne finita male, in cui sarebbero implicati i figli di un alto funzionario del ministero. Maigret spiega in qualche parola a che punto è con i suoi Corsi. Bollert, della Finanza, rientrato dalle vacanze con la famiglia, ha riportato alcune casse di calvados che propone ad un prezzo speciale. 
Il direttore si accende una sigaretta: è il segnale della fine della riunione. Tutti si alzano e mentre stanno per andarsene, Maigret tira fuori dalla tasca la carta del prefetto. 
- A proposito, capo, cos’è questa storia dell’invito del prefetto per domani? 
Il Direttore soffia il fumo nell’aria dorata che filtra attraverso le tende di mussola bianca. 
- Ricevimento ufficiale, con discorso, pranzo da Lapérouse e tutto il seguito… Sembra che non ci si lasci scelta e, come dice il prefetto, “di un’importanza estrema per il buon nome della polizia francese…”. 
Il piccolo Costard, di Garnis, capelli rossi, domanda: 
Ma chi è che si riceve ? Il presidente di una repubblica delle banane? L’ambasciatore della Cina? 
- Meglio ancora -  replica il prefetto – uno scrittore celebre… 
- E questo che cosa ha a che vedere con noi? – chiede Maigret. 
Il direttore sorride divertito. E, con una strizzata d’occhio ai suoi colleghi, risponde: 
- Con noi non molto, ma con lei, mio vecchio Maigret, certamente sì… 
Il commissario credette di aver capito e subito si rabbuiò. Evidentemente uno scrittore celebre, la PJ e lui stesso… un incrocio che non poteva che portare al famoso Simenon, che si era permesso di utilizzare il suo nome per scrivere dei romanzi polizieschi…  
- Credevo che si fosse stabilito in America. Vuole tornare in Europa? 
Maigret dice queste ultime parole con un’aria così sconsolata tanto da suscitare un scoppio di risa dei suoi colleghi. 
- No – risponde il direttore – fà giusto un giro. Dopo Parigi andrà a Liegi, la città in cui è nato. Il prefetto ha immaginato un grande ricevimento, durante il quale gli sarà consegnato il distintivo di commissario. Il prefetto esige la vostra presenza al ricevimento di domani e non accetterà nessuna scusa 
Maigret esclamò: 
- Esige?… E l’affare Riotti, allora? Ma cosa s’immagina, che gli interrogatori si faranno da soli, mentre io faccio dei giri a vuoto in questo stupido ricevimento ?! 
Il direttore batte amichevolmente la mano sulla spalla del commissario. 
- Andiamo, vecchio mio, non vi innervosite. Siate ragionevole, fate atto di presenza per l’aperitivo, poi il pranzo è tutto quello che vi si chiede… 

E’ mezzogiorno. Maigret è seduto ad un tavolo della Brasserie Dauphine. Ha ordinato un Pernod, il cui aroma d’anice si mischia a quello del tabacco che fuma a grandi sbuffi nervosi. Maigret aveva notato che i colleghi, quando erano usciti dall'ufficio del direttore, si davano di gomito. Il commissario aveva poi raggiunto il suo ufficio, di cui aveva sbattuto la porta bruscamente. Nessuno aveva osato disturbarlo, e, all’ora dell’aperitivo, aveva disceso tutto solo il grande scalone polveroso. 
Ora nel suo angolo, prova una rabbia sempre maggiore che andava però pian piano mischiandosi ad una certa curiosità… Avrebbe voluto, in fondo, rivedere questo Simenon, che tanto faceva parlare di lui. Forse il giovanotto così sicuro di sé era cambiato? Dopo tutto, e Maigret se ne rende conto, non ce l’aveva poi così tanto con il romanziere, ma con quel prefetto della malora che disponeva di lui con quella disinvoltura.  
Maigret si alza pesantemente, lascia la Brasserie salutando il padrone, poi le mani in tasca si dirige verso Boulevard Richard-Lenoir. Nell’aria si sentiva bene la primavera e già le prime foglie dei castagni spuntano verdi verso l’azzurro del cielo. 
Oh, e poi zut! In un alternarsi di pensieri migliori e peggiori, arriva ad un punto… Andrà al loro benedetto ricevimento, sorriderà, pranzerà, berrà e poi… 

Questa mattinata del 18 aprile del 1952 , quando M.me Maigret apre le tende, trova suo marito sotto le coperte con un aspetto febbricitante… Gli misura la febbre  e quando il termometro indica trionfalmente i suoi 39°, decise di preparare una bella tazza di tisana… 

***** 
Ten a.m. The window is open. A slight breeze makes wave the papers scattered on the desk. A tug just whistled thrice by passing under the second arch of Saint-Michel Bridge. A knock on the door, and without waiting for an answer, Joseph, the office boy, enters and puts a card on the table; the card bears the seal of the city.
Maigret, who was half dozing while brooding vague thoughts – as a result of a long sleepless night he spent interrogating the Riotti brothers from the Corsican gang -, snorts and spreads his arm to swallow a rest of cooled coffee. Then he gets up, plants himself in front of the window, lights his pipe, and turns around to take the card Joseph brought. His big eyebrows frown, while he's reading the message with a grumbling pout: "The Prefect of Police asks all Chiefs Superintendents to get freeforthwith, on Friday, April 18, from 11:30." Maigret takes a look at his calendar opened on his desk, where the number 17 is written with thick black characters. He doesn't have time to fly into a rage, because the ringing for the report time has just sounded. He grabs the folder of the Riotti case, with an air of wanting to knock somebody out, then he heads heavily towards the end of the hall, where he opens the green padded door that leads to the PJ Director's office. 
His colleagues are already there, and Maigret sits down on the only free chair. Routine atmosphere. The Vice Squad Chief is talking about an orgy that took place in Bois de Boulogne and that went bad, and the son of a senior ministry official would be involved. Maigret explains in a few sentences where he is with the Corsican gang. Bollert, from Financial Squad, who has just gone back from holiday with his family, has brought back a few cases of Calvados that he offers at a good price. 
The Director lights a cigarette: that's the signal for the end of the meeting. All get up, and by the time they are about to go out, Maigret takes the Prefect's card out of his pocket: 
"- By the way, chief, what's this story about the prefect's invitation for tomorrow?" 
The Director blows a puff of smoke in the golden air passing through the white muslin curtain. 
"- Official reception, with speeches, lunch at Lapérouse, and all the rest… Seems we do not have the choice, and it's, as the Prefect says, "of extreme importance for the reputation of the French police"…" 
Little red haired Costard, from Hotel Squad, asks: 
"- Yes, but who's being received? A banana republic president? The ambassador of China?" 
"- Better than that, replies the Director, a famous writer…" 
"- What do we have to do with that? Maigret asks. 
The Director makes an amused smile. While winking to his colleagues he answers: 
"- We don't have, yet you certainly do, my old Maigret…" 
The Chief Inspector thinks he understands and he instantly scowls. Of course, a famous writer, the PJ concerned, and he too… It can only be this famous Simenon, who allowed himself to use his name to write detective novels…  
"- I thought he had settled down in America. Does he want to come back to Europe?" 
Maigret says these last words so ruefully that his colleagues can't help bursting out laugh.  
"- No, the Director answers, he's just making a bit tour. After Paris he'll go to Liège, the town where he was born. The Prefect had in mind a great reception, where Simenon would be awarded a Chief Inspector medal. The Prefect demands your presence at the reception of tomorrow, and he won't accept any excuse." 
Maigret bursts out: 
"- He demands… And what about the Riotti case? Who will do the interrogatories while I'll be bowing and smiling at this damned reception?!" 
The Director taps friendly the Chief Inspector's shoulder. 
"- Come on, old friend, do not get upset. Be reasonable, do make an appearance at the reception and lunch, it's all we ask of you…" 

It's noon. Maigret is sitting at his table in Brasserie Dauphine. He has ordered a Pernod, and its odour is mixing with tobacco smell; he is smoking with big furious puffs. Just now Maigret had noticed well that his colleagues were going out of the Director's office by giving themselves quietly ironic nudges. The Chief inspector had gone back to his office, and he had slammed the door violently. Nobody had dared to disturb him, and at aperitif time, he had gone down alone the dusty staircase. 
Now, in his corner, he feels a rage all the more concentrated that it mixes, without admitting it, with a kind of curiosity… In fact he would like to meet again this Simenon, who made people talk so much about him. Has the young man so self-assured changed? After all, Maigret realizes it, he is not so mad at the novelist, but rather at this damned Prefect who is casually making use of him.  
Maigret stands up heavily, greets the Brasserie owner and leaves, then, his hands his pockets, he heads on foot towards Boulevard Richard-Lenoir. The air smells of spring, and the first leaves on the chestnut trees make soft green dots on the azure sky. 
Oh, damn it! He's tired of dwelling more or less gloomy thoughts… Well, he'll go to that damned reception, he'll smile, he'll have lunch, he'll drink, and even… 

On the morning of April 18th, 1952, when Mme Maigret opened the curtains, she found that her husband, in his bed, looked feverish… She took his temperature, and when she saw that the thermometer was triumphantly displaying 39°, she decided to prepare a big pot of herbal tea… 

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