martedì 18 giugno 2019

SIMENON SIMENON. L’INTÉRÊT DU MAÎTRE

A propos de la correspondance épistolaire entre Gide et Simenon (première partie) 

SIMENON SIMENON. L’INTERESSE DEL MAESTRO 
Sulla corrispondenza epistolare fra Gide e Simenon (prima parte) 
SIMENON SIMENON. THE MASTER’S INTEREST 
About the epistolary correspondence between Gide and Simenon (first part) 


En octobre 1933, Simenon signe son premier contrat avec Gallimard, qui publie l’année suivante Le Locataire, premier de la cinquantaine d’ouvrages du romancier qu’il éditera. L’entrée de Simenon à la NRF a suscité bien des réactions dans le monde littéraire, et pas toujours positives… Mais il est un écrivain dont l’attention est attirée par l’œuvre simenonienne : c’est André Gide. Il provoque une rencontre avec Simenon en juin 1935, et le « bombarde de questions », comme le raconte Pierre Assouline dans sa biographie.  
Des questions qui reviendront tout au long de la correspondance que vont échanger Gide et Simenon. Celle-ci a été publiée sous le titre G. Simenon, A. Gide, … sans trop de pudeur. Correspondance 1938-1950. C’est un ensemble d’une soixantaine de lettres, dont la première, de Simenon à Gide, est datée de décembre 1937. Les chercheurs ont établi qu’il a dû y avoir d’autres lettres, qui restent inédites à ce jour.  
Il ne fait aucun doute que Simenon a été flatté de l’intérêt que lui portait Gide, qui lui a donné confiance en lui-même, comme le mentionne Assouline : « Seul un écrivain, paré d’une telle aura […] pouvait lui procurer le sentiment de son importance, à un moment où le doute l’assaillait ». Rappelons qu’à cette époque, Simenon se trouve dans une phase de transition : il a abandonné Fayard – et Maigret – pour se lancer dans la « vraie » littérature telle qu’il voulait la pratiquer, mais il sait qu’il a encore devant lui du travail, et que rien n’est gagné. Les conseils et le soutien de Gide vont lui apporter beaucoup.  
Pour Gide, il s’agit d’abord de comprendre comment jaillit l’inspiration chez Simenon. Sil ne trouve pas toujours de réponses claires aux questions de Gide, celles-ci lui fournissent cependant le moyen de s’expliquer, de lui confier ses ambitions. Ainsi la longue lettre que Simenon écrit en janvier 1939, dans laquelle il expose le but littéraire qu’il poursuit, les étapes qu’il s’est fixées pour atteindre ses objectifs : « gâcher du plâtre » avec les romans populaires ; puis utiliser un « meneur de jeu » dans des romans policiers ; ensuite, écrire une première série de romans sans Maigret, mais, comme il « n’arrive à porter qu’un seul personnage à la fois », il doit encore attendre d’être « en pleine possession de [son] métier » pour écrire les « grands romans » qu’il a en vue.  
Plus tard, après la guerre, et jusqu’au bout de leur correspondance, Gide continuera de donner ses avis à Simenon, qui en a besoin, comme l’écrit encore Assouline : « Il a enfin trouvé le rythme qui lui convient. Pour être tout à fait comblé, pour que ses ultimes inquiétudes soient dissipées, il ne lui manque que les conseils d’un grand lecteur. Gide tient à merveille ce rôle de guide éclairé et désintéressé. »  
Cependant, si le rôle de Gide a été important pour Simenon, celui-ci n’a pas rempli toutes les espérances de son « maître ». Le « grand roman » que Gide attendait de Simenon, il ne l’a pas écrit, parce que sa conception de son œuvre n’était pas celle que Gide en avait. C’est pourquoi, comme le souligne encore Assouline, les notes que Gide a prises dans son dossier sur Simenon sont instructives et montrent que « ni la personne, ni l’œuvre de Simenon ne sont à la hauteur des ambitions que le maître avait cru bon de placer en elles. »  
Et si l’on ne peut nier que cette admiration et cet intérêt de Gide pour Simenon ont aidé celui-ci à mener une certaine réflexion sur son parcours de romancier, une lecture attentive de leur correspondance montre qu’il y a eu, dès le début, une sorte de malentendu entre les deux hommes. D’abord, si Simenon s’est laissé aller à des confidences sur ses ambitions, il ne lui a jamais livré le secret de son inspiration, de sa façon d’entrer en transe créatriceProbablement parce que celle-ci avait une grande part d’inconscient, et que Simenon n’a pas voulu creuser, fût-ce pour lui-même, le secret de cet inconscient… 
Ensuite, un point qui peut sembler un détail, mais qui à mon avis est révélateur, est la façon dont Simenon évoque ses romans avec Maigret dans cette correspondance. C’est ce que nous examinerons dans un prochain billet. 

Murielle Wenger 

2 commenti:

Andrea Franco ha detto...

Questo interessante epistolario in Italia è stato pubblicato da Archinto a fine anni '80 e ristampato nel 2003 con il titolo "caro maestro,caro Simenon"

Andrea Franco ha detto...

Mi sono ricordato che nella prima edizione italiana mancavano alcune lettere rispetto a "sans trop de pudeur".si sa se nella ristampa sono presenti?