sabato 25 febbraio 2017

SIMENON SIMENON. A LA DECOUVERTE DE POLICE-SECOURS

Un reportage de Simenon dans le journal Paris-Soir en 1937

SIMENON SIMENON, ALLA SCOPERTA DI POLICE-SECOURS
Un reportage di Simenon nel quotidiano Paris-Soir del 1937
SIMENON SIMENON. DISCOVERING EMERGENCY SERVICES (POLICE-SECOURS)
A report from Simenon in the newspaper Paris-Soir in 1937

Le 4 février 1937, paraissait dans le magazine Confessions un article de Simenon, intitulé A la retraite le commissaire Maigret (on peut le lire ici: http://www.trussel.com/maig/conf37f.htm), dans lequel le romancier rendait hommage au commissaire Guillaume, qui venait de prendre sa retraite. Simenon mettait en parallèle Guillaume et Maigret, l'un ayant servi de modèle à l'autre, et le second ayant été mis à la retraite littéraire par son créateur…
Guillaume, quoique à la retraite, ne resta pas inactif. En attendant de fonder une agence de police privée, il rédigea ses souvenirs de policier, qu'il donna en exclusivité au journal Paris-Soir, qui publia, entre le 27 février et le 18 avril 1937, les "grandes enquêtes" du commissaire. Ces textes ont été recueillis en 2005 par les Editions des Equateurs, et édités sous le titre Mes grandes enquêtes criminelles. Nous y reviendrons à l'occasion d'un prochain billet, mais auparavant, pour introduire le sujet, nous allons parler d'une autre série d'articles dans Paris-Soir.
Ce n'est sans doute pas un hasard si, précédemment aux souvenirs racontés par Guillaume, le journal proposa, du 6 au 16 février 1937, un reportage en dix articles, consacré à Police-Secours, ce local qui est, comme le dit Maigret dans Maigret et l'inspecteur Malgracieux, "le cœur même de Paris". Pour découvrir ces lieux, on avait fait appel à une plume qui avait déjà décrit, trois ans auparavant, "les coulisses de la police", et qui avait aussi tracé un portrait du travail de policier dans une série de romans… Vous l'aurez deviné, il s'agit de Simenon.
Lors d'une première série d'articles, parus sous le titre "En marge de l'affaire Stavisky, les coulisses de la police, du quai des Orfèvres à la rue des Saussaies", de janvier à février 1934, Simenon avait déjà évoqué le commissaire Guillaume, dans celui intitulé "Un interrogatoire «à la chansonnette» ou comment le commissaire Guillaume fit avouer Mestorino", et le lecteur des Maigret se souviendra sans doute que les interrogatoires à la chansonnette et l'affaire Mestorino sont évoqués à plusieurs reprises dans les romans.
Mais cette fois, en 1937, c'est d'autres aspects et d'autres locaux de la police que le reporter nous fait découvrir. Dans "Police-Secours ou Les nouveaux mystères de Paris", il nous emmène sur les lieux, d'abord au poste central de Police-Secours, "cette vaste pièce de la Préfecture de Police où des centaines de disques éteints ou lumineux sont autant de témoins des drames de Paris", et ensuite dans différents quartiers de la capitale. Comme le dit le préambule au premier article: "Georges Simenon montrera comment le crime prend, de quartier en quartier, à Paris, un visage différent, et comment, avec le même courage, avec le même esprit d'abnégation, avec des méthodes semblables, il est partout poursuivi, et le plus souvent puni."
Dans le premier article, intitulé "Citoyens, la police veille", Simenon nous présente la salle de Police-Secours, et ses descriptions nous rappellent plus d'un passage des Maigret. "Dans la grande pièce que ferme une porte de fer, mais dont les fenêtres sont ouvertes sur la nuit, ils sont quatre, quatre fonctionnaires paisibles, et deux d'entre eux ont revêtu une blouse grise; un autre, qui a trop chaud, est en bras de chemise, et le quatrième qui vient de finir son pain et son saucisson, ramasse les miettes, roule son papier gras en boule et le jette dans le poêle. A gauche, se dresse un énorme meuble qui ressemble à un central téléphonique et où des centaines de petites lampes sont prêtes à s'allumer. […] Justement, une lampe, grosse comme une pastille, vient de s'allumer sur le plan de Paris appliqué au mur. C'est la lampe du XIIIe arrondissement et son clignotement signifie que le car de Police-Secours de cet arrondissement vient de sortir. Un meurtre […] ? Une bagarre […] ?... Déjà l'opérateur a saisi le téléphone qui le met en relation directe avec le poste principal du XIIIe. – Allô ! Ici Police Municipale. Votre car est sorti. De quoi s'agit-il ?"
On pourrait se croire au début de Maigret et l'inspecteur Malgracieux ou de la nouvelle Sept petites croix dans un carnet… Mais ici, Simenon va nous décrire une série d'interventions réelles qui ont lieu dans différents endroits de Paris, et ce sera l'objet des articles suivants: "Montmartre, calme village…", "Trois balles qui comptent, un coup de rasoir et cinq balles sans importance", "Le quartier des suicidés et des flagrants délits", "La folle du Moulin-Vert", "La cohorte des disparus", "Ceux qui rêvent d'être des «terreurs»…", "Ceux qui ne veulent pas mourir seuls", "Coupe-gorge et tapis-francs", "L'époque des gangsters est moins dangereuse que celle des apaches".
Mais rien de sensationnel dans ces textes, et le reporter s'applique à nous présenter le quotidien du travail de la police: ivrognes sur la voie publique, autos volées, accidents de la circulation, cambriolages et cadavres en tout genre…
Murielle Wenger

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