sabato 31 marzo 2018

SIMENON SIMENON. DE LA NOUVELLE AU ROMAN

L'importance des récits courts dans lrédaction de la saga maigretienne 

SIMENON SIMENON. DA IL RACCONTO AL ROMANZO 
L'importanza delle storie breve nella scrittura della saga maigrettiana 
SIMENON SIMENON. FROM THE SHORT STORY TO THE NOVEL 
The importance of brief narratives in the writing of the Maigret saga 

Suite à la publication en traduction, par la maison d'édition italienne Adelphi, de plusieurs recueils de nouvelles policières écrites par Simenon dans les années '30, des discussions ont été soulevées, dans plusieurs groupes des réseaux sociaux consacrés au romancier, sur la bienfacture de ces nouvelles. Il a été souligné par certains que ces nouvelles ne valent pas les grands romans de Simenon, ce dont on ne peut certes douter, mais il faut évidemment replacer la rédaction de ces nouvelles dans leur contexte. Le romancier était sans doute très conscient que ces nouvelles policières n'étaient que pur divertissement, souvent écrites lorsque des événements biographiques ne lui permettaient pas de s'immerger dans l'écriture d'un roman dur, et qu'elles servaient avant tout à alimenter des parutions dans des journaux. Simenon, en bon gestionnaire de son œuvre, a toujours su ce que pouvait lui rapporter – financièrement parlant – ce genre d'écrits, faits à la demande des éditeurs de rédactions.  
C'est probablement à ces deux raisons – avantage pécuniaire et délassement – qu'il faut attribuer la rédaction des deux séries de nouvelles mettant en scène Maigret, et qui furent écrites à l'automne 1936 pour la première série, et pendant l'hiver 1937-1938 pour la seconde. 
Cependant, ces nouvelles-ci, à l'encontre des autres recueils (Les dossiers de l'Agence O ou Le petit Docteur), ont ceci de particulier qu'elles s'inscrivent au sein d'un ensemble, celui constitué par les romans de la saga maigretienne. Il est donc évident, pour qui se plonge dans la lecture de ces nouvelles, que l'on va chercher à tisser des liens entre ces textes et les romans eux-mêmes, pour voir si on n'y retrouve pas des thèmes semblables, ou des ébauches de romans futurs.  
Comme nous l'avons déjà écrit, nous pensons que ces nouvelles appartiennent à la saga, au même titre que les romans, surtout parce qu'elles apportent un éclairage différent sur le commissaire et son monde, élargissant la palette, proposant parfois des situations qu'on ne retrouvera pas dans les romans, un peu comme si Simenon voulait nous dire: regardez ce dont je suis capable, et comment je pourrais, à volonté, écrire autrement sur mon héros. Qu'on relise L'improbable Monsieur Owen ou La fenêtre ouverte, qui sont loin des situations dans lesquelles on est habitué à voir Maigret: dans la première nouvelle, on découvre un commissaire "jouisseur" de la paresse méditerranéenne, utilisant une méthode pour le moins inattendue afin de mener son enquête à bien; dans la seconde nouvelle, on assiste à une enquête tout à fait dans la manière "meurtre en chambre close" affectionnée par Agatha Christie et consorts… 
Mais il est d'autres nouvelles pour lesquelles on ne peut manquer de voir des liens plus directs avec les romans de la saga maigretienne, dans leur thématique. On pourrait mentionner La péniche aux deux pendus, une enquête qui se déroule entre péniche et écluse, et qui évoque évidemment des romans comme Le charretier de la
Providence ou L'écluse no 1. Et puis, il y a toute la série des nouvelles dans lesquelles le commissaire est présenté à la retraite, ce qui ne l'empêche pas, d'ailleurs, d'accepter, à titre officieux, de prendre en main certains cas à résoudre. Comme si l'auteur avait envie de nous raconter ce à quoi son héros retraité pouvait bien occuper ses journées, en dehors des parties de cartes et du jardinage. Ou comme si, de l'avoir mis à la retraite dans le dernier roman écrit pour Fayard, lui avait laissé des remords ou des regrets, et qu'il ait déjà eu quelques velléités de le sortir de cette retraite forcée… On notera, par exemple, que dans Le notaire de Châteauneuf, c'est à la demande d'un solliciteur, venu le trouver dans sa maison de campagne, que Maigret s'empresse de quitter celle-ci, appâté par l'énigme qu'on lui propose. C'est exactement sur la même conjoncture que s'ouvriront les deux premiers romans de la saga écrits pour les Presses de la Cité, Maigret se fâche et Maigret à New York. 
On peut aller plus loin, pour découvrir que d'autres nouvelles sont des sortes d'ébauches de thèmes que le romancier réutilisera par la suite, parfois bien plus tard. On ne sait si alors il se sera souvenu de ces nouvelles, ou si simplement le thème lui sera revenu "par hasard" à la mémoire, sans qu'il fasse le lien avec le texte écrit autrefois, mais, quoi qu'il en soit, il reste évident que le sujet de L'affaire du boulevard Beaumarchais annonce celui de Les scrupules de Maigret, comme celui de On ne tue pas les pauvres types (une nouvelle écrite en 1946) annonce Maigret et l'homme du bancQuant à la bande des tueurs polonais de Stan le tueur, on va la retrouver dans plusieurs romans ultérieurs, entre autres dans Maigret et son mort. Et, bien entendu, c'est par la nouvelle Maigret et l'inspecteur Malgracieux que l'inspecteur Lognon va faire son entrée dans la saga maigretienne, après être passé par deux romans hors de celle-ci.  
On pourrait donc conclure de tout ceci que Simenon, en dehors du fait que ces nouvelles furent rédigées par délassement et par "nécessité matérielle", s'est servi, peut-être à son insu et de manière inconsciente, du terreau de ces nouvelles pour bâtir de futurs romans… En tous les cas, on peut affirmer que c'est grâce à ces nouvelles écrites en 1936 et 1938 que le romancier renoue avec son personnage, qu'il ne lâchera plus jamais par la suite… 

Murielle Wenger 

1 commento:

Andrea Franco ha detto...

è chiaro come il maigret dei racconti sia diverso da quello dei romanzi ma le novelle fanno parte a tutti gli effeti del corpus maigrettiano.il simenon dei racconti,invece,parlando di quelli non polizieschi,ha regalato alcune perle come le chale de marie dudon et le petit restaurant des ternes