sabato 24 marzo 2018

SIMENON SIMENON. HISTOIRES DE COUPLES

Quelques réflexions sur les couples décrits dans l'œuvre simenonienne 

SIMENON SIMENON. STORIE DI COPPIE 
Alcune riflessioni sulle coppie descritte nell'opera di Simenon 
SIMENON SIMENON. STORIES ABOUT COUPLES 
Some thoughts about couples described in Simenon's works


Le couple est un des thèmes auquel Simenon s'est le plus intéressé. Et la question sur laquelle il pose ses romans n'est pas le moment de la formation du couple, mais plutôt le moment où il y délitement des liens, déchirement ou rupture. Pourquoi, comment, deux êtres qui ont choisi de vivre ensemble en viennent-ils, à un moment donné, à ne plus se supporter, à ne pas retrouver ce qui les avait réunis ? Comme le romancier le disait à Roger Stéphane les romans "à l'eau de rose" se terminent sur la formule "ils furent heureux et ils eurent beaucoup d'enfants", et Simenon, lui, commence son roman à partir de ce moment-là… 
Rares sont les romans où nous assistons à la naissance d'un couple; Trois chambres à Manhattan pourrait constituer l'exception qui confirme la règle… encore que l'on sente en germe, d'après ce qu'il est raconté des personnages, et malgré la fin du roman que Simenon a résolument voulu positive, que tout ne sera peut-être pas si facile que cela…  
On trouve par contre de nombreux romans qui nous introduisent dans l'histoire d'un couple au moment où celui-ci va à vau-l'eau, se trouve sur le point de rupture, où survient un événement qui va tout remettre en question. Feux rouges, La main, Lettre à mon juge, En cas de malheur, sont des histoires de couples, mais aussi Le chat, Antoine et Julie, Le Grand Bob… et tant d'autres… Il serait presque plus facile de citer les romans où n'apparaît aucune histoire de couples ! 
Dans le cadre de ce billet, nous allons nous intéresser aux histoires de couples dans la saga maigretienne. Là aussi, on pourrait dire que dans presque chaque roman, on trouve la description d'une relation de couple, que ce soit le centre du récit ou un épisode périphérique. Denise Brahimi, dans son ouvrage À la découverte de Simenon romancier, prend pour exemple des rapports de couple celui des Thouret dans Maigret et l'homme du banc. Il s'agit ici d'un "vieux couple", sur lequel les années ont posé leurs rides, et dont l'histoire, comme l'écrit Brahimi, "renvoie à une situation canonique, celle du «brave type» qui a été écrasé par sa femme", celle-ci étant toujours en recherche de respectabilité, et reprochant à son mari, comme tant d'autres "mégères" dans l'œuvre simenonienne, de ne pas avoir été à la hauteur de l'emploi pour lui permettre d'assurer ses vieux jours, la fameuse "pension" du fonctionnaire, qui a aussi été à la base du remariage de Mme Martin dans L'ombre chinoise 
Une variation sur le thème du couple, très prisée par le romancier, est celui du potentiel "ménage à trois", et particulièrement celui de la belle-sœur amoureuse, parfois maîtresse, du mari de sa sœur; les exemples abondent: les Popinga dans Un crime en Hollande, les Rivaud dans Le fou de Bergerac, les Voivin dans L'affaire du boulevard Beaumarchais, qui annoncent les Marton dans Les scrupules de Maigret. 
Pour ces derniers (les Marton), on trouve aussi la composante du couple "mal assorti", qui s'est fondé sur un malentendu, l'homme voyant dans le couple un idéal de fusion, la femme le considérant plutôt comme une sorte de sécurité pragmatique. C'est un peu le même thème qu'on voit dans Maigret aux assises: Meurant a cherché dans le couple à combler un manque affectif, a idéalisé sa femme Ginette, tandis que celle-ci s'est laissée convaincre parce qu'elle voyait dans le mariage un moyen de s'établir socialement, son futur mari ayant fait miroiter à ses yeux la possibilité de tenir le restaurant dont elle rêvait. On se rapproche aussi de cette situation dans Maigret et le client du samedi, où Planchon s'est raccroché à la première femme qui ne l'a pas repoussé 
Lorsqu'on monte dans l'échelle sociale, les exemples de couples mal assortis ne manquent pas non plus, même si les raisons ne sont plus forcément les mêmes: songeons aux Parendon dans Maigret hésite, où Madame ne cherche qu'à assurer sa position au sein de la haute bourgeoisie, courant les cocktails et chassant les relations haut placées, tandis que son avocat de mari fuit autant que possible les mondanités; voir aussi Nathalie Sabin-Levesque dans Maigret et Monsieur Charles, dont on a peine à comprendre pourquoi, finalement, son mari l'a épousée, et ne s'est pas contenté d'en user avec elle comme il avait l'habitude de le faire avec les entraîneuses de cabaret, se contentant de brèves relations de passage.  
Il y aurait encore de nombreux autres exemples à citer et à analyser dans la saga maigretienne, car Simenon a su proposer une gamme infinie de variations dans les descriptions de relations de couples: les Gallet dans Monsieur Gallet, décédé, Mary et Walter Lampson dans Le charretier de la Providence, les Bellamy dans Les vacances de Maigret, les Gouin dans Maigret se trompe, les Josset dans Une confidence de Maigret, et tant d'autres… Comme nous le disions plus haut, on pourrait trouver dans quasiment tous les romans une histoire de couple à décortiquer. Il nous suffira, pour conclure, de constater, qu'à tous ces couples en rupture, Simenon oppose la sérénité d'un couple dont la relation est tissée de complicité, de tendresse, et de confiance mutuelle: nous voulons parler, évidemment, du couple formé par Jules et Louise Maigret, dont l'image est, sans nul doute, celle dont le romancier avait dû rêver lui-même… 

Murielle Wenger 

1 commento:

Andrea Franco ha detto...

Il fatto di occuparsi nelle sue opere di coppie già formate rappresenta uno dei passaggi del simenon "maturo"nella letteratura di spessore,nella letteratura giovanile(quella sotto pseudonimo)si occupava nelle sue trame di coppie che si formavano,sia che si trattasse di romanzi di carattere puramente sentimentale sia di romanzi di avventura con i protagonisti che in varie occasioni finivano per innamorarsi