martedì 24 luglio 2018

SIMENON SIMENON. FLANDRE, AFRIQUE DU SUD OU HOLLANDE ?

Simenon et les traductions en flamand 

SIMENON SIMENON. FIANDRE, SUDAFRICA O OLANDA? 
Simenon e le traduzioni in fiammingo 
SIMENON SIMENON. FLANDERS, SOUTH AFRICA OR HOLLAND? 
Simenon and the Dutch translations 


En général, les linguistes préfèrent se référer au terme «néerlandais» pour indiquer les traductions destinées aux Pays-Bas, à la Flandre belge et à l’Afrique du Sud, soit tous ceux qui lisent les romans dans la langue de Vondel. Pourtant la langue flamande est légèrement différente du «hollandais», c'est-à-dire le néerlandais parlé aux Pays-Bas. Le néerlandais se décline en «néerlandais flamand» et «néerlandais hollandais».La différence se situe principalement dans la prononciation, mais aussi dans les expressions et l’utilisation d’adjectifs différents pour préciser certaines choses. Disons une différence minime. Dès lorsil était logique pour un auteur voulant entrer sur le marché néerlandais d’opter pour un distributeur hollandais, la population hollandaise étant deux fois plus grande que celle de la Flandre. 
Simenon décida très tôt de tenter sa chance en Hollande, puisque son premier roman en néerlandais parut en 1932 déjà. Il s’agissait d’Un crime en Hollande, choix logique, que l’éditeur A.W.Bruna mit sur le marché sous le titre «Een misdaad in Holland». Ce n’est que juste après la guerre que notre auteur se mit réellement à la recherche d’un éditeur pour paraître en néerlandais. Tous les éditeurs hollandais refusèrent l’œuvre de Simenon sauf… Bruna qui avait vite compris le trésor qu’elle comportait. Tous les livres de Simenon ont été publiés par cet éditeur et cela eut un grand succès. En 1966, un roman de Simenon tira à 100.000 exemplaires, ce qui est rare pour la langue de Vondel. 
Oui, mais voilà ! Toutes ces traductions concernent la langue néerlandaise et pas le langage, le style flamands. N’y aurait-il donc pas de traductions en cette langue ? En cherchant bien, on trouve un éditeur belge, c’est la société «Espes» de Bruxelles qui, dès 1943, avait publié une série de rééditions d’œuvres de Simenon sous une couverture typique, à plat rouge avec titre en blancet sur le rabat le texte suivant: «Dans cette collection seront publiés, à raison d’approximativement un volume par mois, les plus caractéristiques parmi les récents ouvrages de Georges Simenon…». Partant du fait que cet éditeur avait commandé douze traductions, on peut raisonnablement avancer qu’ils comptaient publier douze œuvres de Simenon en français pour les éditer ensuite en néerlandais, pour les Belges de Flandre. Bizarrement, seuls trois titres seront publiés en version flamandesoit: «Haven in de Mist» (Le port des brumes) en janvier 1944; «Om een Menschen Leven» (La tête d’un hommeen février 1944; et «De Familie Peeters» (Chez les Flamands) en mars 1944. Mais comme ces traductions ont été faites par le Hollandais Pierre Dubois (dont j’ai parlé dans un autre article), le texte n’est à nouveau pas en flamand, mais en néerlandais hollandais. Résultat: pas de traductions de Simenon en flamand.  
Oublions ce qui se parle en Afrique du Sud, car bien que proche du néerlandais, leur
languel’afrikaans, diffère par la structure des phrases, la double négation et l’orthographe de la majorité des mots. Comme cela n’empêche pas les lecteurs de ce pays de lire le néerlandais hollandais, il n’y a que peu de romans de Simenon en afrikaans. Je n’en ai trouvé que quatre, à savoir «Speurder Maigret» (Maigret et les témoins récalcitrants et Maigret et la vieille dame), «Maigret en sy Dooie» (Maigret et son mort), «Maigret en die lange Derm» (Maigret et la Grande Perche), «Maigret en die Spook» (Maigret et le fantôme). Donc toujours pas de Simenon en langue néerlandais flamand.
Et bien si, j’en ai trouvé un, un seul: «De Vucht boven de Woestijn», traduction de La Ligne du Désertparu dans «Police-Roman» du 7 avril 1939. Cette traduction parait le 25 avril 1941 dans la collection «Mysterie serie» de l’éditeur flamand René De Smedt, dont les bureaux se trouvent à Willebroek en Flandre. Cette parution a-t-elle été faite avec ou sans l’autorisation de l’auteur ? Qui sait, en tout cas son nom figure sur la couverture. 
Quoi qu’il en soit, soyons heureux que Simenon ait choisi en A.W.Bruna un éditeur qui publia des traductions pouvant être lues par tous ceux dont la langue maternelle est celle de Vondel. 

Philippe Proost 

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