sabato 14 luglio 2018

SIMENON SIMENON. SOUVENIRS DE CONCARNEAU…

Les allusions au port breton dans l'œuvre de Simenon 

SIMENON SIMENON. MEMORIE DI CONCARNEAU… 
Le allusioni al porto bretone nelle opere di Simenon 
SIMENON SIMENON. CONCARNEAU MEMORIES… 
Allusions to the Briton port in Simenon's works 


Certaines villes où Simenon a vécu, écrit, ou dont il a parlé dans ses romans, sont plus fréquemment citées que d'autres: ainsi La Rochelle, Fontenay-le-Comte, Lakeville, Fécamp, mais aussi et naturellement Liège et Paris, pour n'en mentionner que quelques-unes. Alors que La Rochelle, Liège, Paris ou Fontenay ont souvent eu les honneurs de publications consacrées à Simenon (par exemple les Cahiers édités par les Amis de Simenon), une ville comme Concarneau apparaît moins fréquemment traitée par les simenoniens.  
Certes, le temps que Simenon y a passé est court: l'hiver 1930-1931, lorsque le romancier se retire au calme dans une villa à Beuzeq-Conq, pour écrire les romans populaires promis à Fayard en échange de son acceptation de publier la nouvelle collection Maigret (c'est un sujet que nous avons déjà évoqué plusieurs fois sur ce blog). Il est vrai aussi que, contrairement à d'autres villes, Concarneau a moins souvent servi de décor aux intrigues narrées par le romancier. Pour l'essentiel, on connaît trois romans ayant pour cadre la ville bretonne. D'abord un roman populaire, L'évasion, signé Christian Brulls, et dont Michel Lemoine (voir L'autre univers de Simenon) pense qu'il pourrait justement avoir été écrit à Concarneau. Ensuite, un Maigret, Le chien jaune, dans lequel les descriptions de la ville nous font bien sentir que Simenon vient d'y faire un séjour récent (le roman a été écrit en mars 1931, soit quelques mois après son passage à Concarneau). Enfin, Les demoiselles de Concarneau, rédigé en 1935.  
On connaît bien l'incipit de Le chien jaune, avec sa description des rues de Concarneau sous la tempête de novembre. Dans tous les passages du texte qui décrivent les quartiers de la ville, apparaît clairement le don d'observation du romancier, ainsi que sa faculté de restituer une ambiance et un décor avec une grande authenticité et de façon très évocatrice. Jean Tarride, qui réalise une adaptation du roman très peu de temps après la sortie de celui-ci en librairie, a bien compris le potentiel de ce décor, puisque, à part les scènes d'intérieur tournées en studio, il décide de se rendre sur place, à Concarneau même, pour les scènes qui devront se passer à l'extérieur (voir notre billet du 23 mars 2016).  
Une bonne partie de l'action est située à l'Hôtel de l'Amiral, qui a été inspiré à Simenon par le "Grand Hôtel Le Clinche", dont, écrit Michel Carly, Simenon "a déjoué tous les recoins et les secrets" lors de son séjour à Beuzec-Conq. Dans le journal L'Intransigeant du 15 février 1936, paraît un entrefilet qui nous apprend que le propriétaire de l'Hôtel Le Clinche a décidé de changer le nom de celui-ci, et de lui donner le nom d'Hôtel de l'Amiral. Comme dans le roman… et comme dans le film, puisque Tarride s'était installé avec son équipe sur les lieux mêmes pour le tournage… 
Comme l'ont souligné ses biographes, le romancier aura, pour une fois, expérimenté le côté positif de l'impact de la fiction sur le réel: alors que Simenon aura dû faire face, plus une fois, à des procès intentés contre lui par des personnes qui s'étaient reconnues dans des personnages de ses romans, cette fois-ci, c'est le contraire qui s'est produit: la seule renommée du titre d'un roman aura suffi à faire changer le nom d'un établissement… 
Il reste à mentionner quelques allusions à Concarneau que Simenon a faites dans des romans ultérieurs, et ce sont manifestement des clins d'œil que le romancier adresse à son lecteur… La première se trouve au début de La maison du jugeDidine explique à Maigret que son mari "était douanier à Concarneau quand vous y êtes venu pour l'affaire". Une autre se trouve dans L'amie de Madame Maigret: Torrence est allé à Concarneau faire des vérifications à propos de Gloria, et il téléphone à Maigret pour lui faire part dés résultats de ses recherches. Il apprend alors au commissaire que Gloria est descendue à l'hôtel: "Vous connaissez l'Hôtel du Chien Jaune, au bout du quai ?". Aucun doute sur cette allusion: cet hôtel au bout du quai est une évidente réminiscence de l'Hôtel de l'Amiral, situé, comme nous l'apprenons dans le roman Le chien jaune, "à l'angle de la place et du quai" de l'Aiguillon… 
On trouve encore une autre allusion dans Maigret s'amuse, et il est fait souvent référence à Concarneau dans ce roman, puisque la victime, Mme Jave, est originaire de cette ville. C'est en passant des vacances à Beuzec-Conq qu'elle a fait la connaissance de son mari. Plus loin dans le récit, on apprend que des journalistes se sont rendus à Concarneau, et qu'ils se sont installés à "l'Hôtel de l'Amiral, quai Carnot, que Maigret connaissait pour y avoir mené jadis une enquête qui avait fait un certain bruit." Une autre allusion limpide… 
Enfin, dans Maigret tend un piège, le commissaire évoque des vacances qu'il aurait dû prendre avec sa femme "à Beuzec-Conq, près de Concarneau". Une fois de plus, le romancier s'amuse à entrecroiser les fils de sa propre biographie avec celle de son personnage… 

Murielle Wenger 

1 commento:

Andrea Franco ha detto...

In le chien jaune maigret indaga in un ambiente tipicamente tardo autunnale,invece in l evasion(nella seconda parte del romanzo)vediamo la località bretone nella sue versione balneare estiva