mercoledì 2 marzo 2016

SIMENON SIMENON. POURQUOI PIETR LE LETTON NE FUT PAS INVITE' AU BAL ANTHROPOMETRIQUE?


A propos des difficultés de lancement de la collection Maigret chez Fayard

SIMENON SIMENON: PERCHE' PIETRO IL LETTONE NON FU INVITATO AL BAL ANTHROPOMETRIQUE?  
Le difficoltà di lancio della collezione Maigret per l'editore Fayard
SIMENON SIMENON: WHY PETER THE LETT WAS NOT INVITED TO THE ANTHROPOMETRIC BALL?  
About the difficulties of launching the Maigret collection at Fayard



Fulvio Nolli, dans un de ses derniers billets sur son blog se posait la question de la raison qui a fait que, pour le lancement de Maigret au Bal anthropométrique, le choix s'est porté non sur le roman Pietr le Letton, premier roman que Simenon ait signé de son patronyme, mais sur Le pendu de Saint-Pholien et Monsieur Gallet décédé. Nous proposons quelques hypothèses de réponse.

Lorsque, à la fin mai 1930, Simenon vient présenter le manuscrit de Pietr le Letton à Fayard, éditeur spécialisé dans le roman populaire, celui-ci est pour le moins dubitatif: pas d'histoire d'amour, pas de héros sympathique luttant contre un méchant, et même pas une vraie énigme policière à la Agatha Christie, dans ce genre whodunit qui est en vogue depuis quelques années en France dans la toute jeune collection du Masque… Bref, il n'y croit pas, mais il accepte quand même une publication en feuilleton dans son hebdomadaire Ric et Rac.
Cependant le jeune romancier s'obstine: persuadé de tenir le bon bout, il veut lancer une série policière innovante. Et pour convaincre Fayard, il s'agit d'écrire quelques autres textes de la même veine. Simenon va donc rédiger, pendant l'été, Le charretier de la Providence et Monsieur Gallet, décédé. En septembre, il retourne auprès de Fayard, et lui présente son travail. L'éditeur accepte les manuscrits, un contrat est signé pour une publication, mais cela ne suffit pas à Simenon: il souhaite un lancement à la hauteur de ses ambitions, et propose un événement médiatique pour faire parler de lui et de son nouveau personnage. Fayard finit par se laisser convaincre, mais exige une contrepartie draconienne: pas de lancement avant d'avoir une réserve de romans déjà écrits (pour pouvoir en publier un par mois une fois la collection inaugurée), et, pour couvrir les frais, 30'000 francs que l'auteur lui fournira sous la forme de romans populaires. Certes, Simenon a l'habitude d'écrire vite et beaucoup, mais tout de même, les conditions sont rudes, et le romancier préférerait certainement se consacrer à cette nouvelle étape littéraire plutôt que de continuer dans l'alimentaire. Mais si c'est le prix à payer… Il s'exécute donc, se réfugie dans une villa de Concarneau, écrit 70 à 80 pages à raison de onze heures par jour, maigrit, traverse des moments de doute (insomnies et même idées de suicide), mais quand il revient à Paris au début de 1931, il peut poser sur la table les romans populaires exigés par Fayard, et un nouveau Maigret: Le pendu de Saint-Pholien.
Simenon, dans ses Mémoires intimes, passe comme chat sur braise sur cette période de Concarneau, préférant accréditer la légende d'une éclatante et assez facile réussite, ce qui ne correspondait pas tout à fait à la réalité. S'il a quelque peu occulté ces faits, n'est-ce pas parce qu'ils ont laissé en lui des traces qu'il préfère oublier ? A-t-il été tenté alors de tout laisser tomber, de ne pas mener le combat jusqu'au bout… ?

Tout cela, bien sûr, ne répond pas encore à notre question. Cependant, on peut émettre l'hypothèse que Pietr le Letton, déjà paru en feuilleton, ne semblait pas le bon choix pour inaugurer la nouvelle collection, car il fallait pour celle-ci jouer sur l'effet de surprise, et proposer quelque chose d'inédit. Assouline, dans sa biographie de Simenon, évoque une discussion que le romancier aurait eue au début de février avec un journaliste, à qui il montre un exemplaire de Le pendu de Saint-Pholien et de Monsieur Gallet, décédé. Au journaliste qui lui demande par lequel il faut commencer, Simenon répond "Par "Le pendu de Saint-Pholien", c'est le dernier écrit; c'est donc celui qui se rapproche le plus de mon esthétique en marche." Ceci nous donne peut-être un début de réponse: au moment de lancer le Bal anthropométrique, le choix de Simenon peut s'être porté sur Le pendu de Saint-Pholien parce que, écrit à Concarneau, il représentait vraiment ce défi que le romancier voulait lancer au monde littéraire… Et quoi de plus symbolique, dans ce cas, que cette enquête que son héros menait en grande partie dans la ville natale de Simenon…? Et si c'est Fayard qui a fait le choix, c'est peut-être tout simplement parce que ce roman était le dernier arrivé sur son bureau, celui dont le contrat éditorial était le plus récent, puisque signé le 1er février 1931, soit au moment où commencent les préparatifs du lancement.
Mais maintenant, pourquoi Monsieur Gallet, décédé et pas Le charretier de la Providence ? Peut-être parce qu'on avait misé sur le côté "énigme policière" que contenait le premier titre, avec ce cadavre qu'on exhibait sur la couverture photographique… Ce qu'il faut savoir, c'est que, bien avant le jour du bal, un grand battage médiatique fut mené dans les journaux; nous avons retrouvé, dans le journal Comoedia du 7 janvier déjà, un article autour d'une image de la couverture du roman, qui disait: "Un crime a été commis. On a tracé à la craie le contour du cadavre. Le commissaire avec les vêtements du mort a reconstitué le cadavre et voilà que tout s'anime et qu'apparaît M. Gallet, décédé, le héros d'un roman de George Simenon." Nous avons là peut-être une explication: cet énigmatique cadavre sur la couverture du roman devait frapper davantage les imaginations que ce brave charretier, aux allures de clochard, et son cheval pommelé, qu'on voyait sur la couverture de Le charretier de la Providence
Murielle Wenger

1 commento:

Andrea Franco ha detto...

in effetti pietr-le letton non era inedito,le charettier de la providence non aveva una copertina nè un titolo stuzzicanti,i piu "invitanti"erano i due prescelti(per me anche i meglio riusciti)